Le président du hca à propos de la polémique sur tamazight : Si El Hachemi Assad parle d’incompréhension

mardi 12 décembre 2017 à 12:34
Source de l'article : Lexpressiondz.com

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Selon lui, ces nombreux jeunes qui se sont insurgés contre cette hypothétique décision en sortant dans la rue est le fruit d’un manque béant de communication.

Le président du Haut-Commissariat à l’amazighité, Si El Hachemi Assad, s’est exprimé hier sur l’un des sujets brûlants, de l’actualité, à savoir la polémique sur le supposé vote contre tamazight à l’APN. «Incompréhension», c’est le qualificatif employé par ce dernier pour résumer cette situation. Selon lui, ces nombreux jeunes qui se sont insurgés contre cette hypothétique décision en sortant dans la rue est le fruit d’un manque béant de communication. «Ce qui se passe en ce moment nous impose de revoir en premier lieu notre mode de communication», a-t-il soutenu lors de son passage dans l’émission L’invité de la rédaction sur la Radio nationale Chaîne 3. Il a souligné que ce déficit de communication ne peut être pallié que par l’implication de la société civile, et pour cause cela est l’affaire de tous. «Dans ce cas précis, l’enseignant par exemple se doit de sensibiliser ses élèves sur de telles questions afin d’éviter de sombrer dans un débat sans issue», a-t-il avancé. Et d’ajouter qu’en ce moment, il est plus que jamais nécessaire de se montrer «responsable».
Le président du HCA s’est attardé par ailleurs sur la question de la généralisation de la langue de tamazight. Il a fait savoir que celle-ci se fera progressivement et touchera dans le futur tous les établissements scolaires que compte le pays. Il mettra en avant l’avancée enregistrée en la matière qui s’est faite grâce à un «programme consensuel» entre le ministère de l’Education nationale et le HCA. «Il faut rappeler que l’enseignement de tamazight s’est étendu de 17 à 37 wilayas», relève-t-il. Toutefois, Si El Hachemi Assad estime que si on prend en ligne de compte le nombre global d’établissements scolaires, on constatera rapidement que son enseignement demeure insignifiant. C’est pourquoi il en appelle au département de l’Education nationale à consolider davantage la promotion de cette langue dans les différentes écoles. Pour ce faire, dit-il, il faut y mettre les moyens ce, notamment «sur le plan de libérer plus de postes budgétaires à même de couvrir les établissements scolaires». Toujours dans ce sens, il évoque un autre aspect qu’il juge primordial à l’épanouissement de tamazight et qui est celui d’intégrer impérativement cette langue au niveau de toutes les écoles du premier palier (primaire). Il conviendra certes, qu’elle y est actuellement enseignée, mais son enseignement reste quelque peu décousu. «On constate en effet que les cours en langue amazighe sont bien dispensés en primaire mais pas au collège», argumente-t-il en assénant que cela n’est pas du tout «logique».
Dans ce sillage d’idées, Si El Hachemi Assad fait remarquer que sur le volet de la législation, la loi de 2008 est en total désaccord avec la Constitution. Il explique que l’article 34 qui énonce que «la langue amazighe doit être reconnue comme demande sociale», doit absolument être revue ou du moins sa formulation. Il poursuit en disant que beaucoup d’articles de loi exigent un amendement. Pour lui, il n’y a pas lieu de discuter, car la Constitution affirme clairement et nettement que tamazight est une langue nationale et officielle.
L’autre point soulevé par l’invité de l’émission est le caractère obligatoire de l’enseignement de tamazight dans les structures scolaires. A son avis, ces dernières ont tendance à mettre cette langue en option donc facultative. Il souligne que là encore, le texte de loi portant sur cette question doit être révisé. «Cela doit être reformulé de manière à dire que tamazight doit avoir sa place en primaire et même en préscolaire», a-t-il insisté. Il enchaînera en avançant que l’on peut imposer ce système pour l’élève qui s’inscrit en cours de tamazight au deuxième palier ainsi qu’au troisième. Pour que ce dessein se concrétise, il ajoute que la ressource humaine nécessaire et un encadrement de qualité doivent être de mise. Si El Hachemi Assad fera part en outre de sa détermination à ce que l’engagement du HCA portant sur la généralisation de tamazight au niveau national soit pleinement satisfait. Et ce, a-t-il appuyé, en se conformant à deux référents qui sont «la Constitution ainsi que le plan d’action du gouvernement qui dit clairement et ce pour la première fois, son intention de consolider la généralisation de tamazight ainsi que sa promotion».

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