Près de 7 milliards de centimes détournés à la poste d’Ouled Fayet

mardi 13 mars 2018 à 22:11
Source de l'article : Jeune-independant.net
Sofiane Abi

La Brigade économique et financière (BEF) de la police judiciaire relevant de la sûreté d’Alger vient de mettre hors d’état de nuire une bande de malfaiteurs composée de deux fraudeuses présumées, dont la chef de service du bureau de poste d’Ouled Fayet, et le propriétaire d’une entreprise import-export de produits informatiques, et ce pour détournement de 6,9 milliards de centimes sur les livrets d’épargne et de prévoyance appartenant à onze victimes.

Selon le chargé de communication de la sûreté de wilaya d’Alger, les mis en cause ont été présentés ce mardi devant les instances judiciaires du territoire de compétence pour détournement de fonds publics, contrefaçon et usage de faux dans les relevés comptables, abus du poste de travail et non-dénonciation de crime. La responsable de ladite poste a été placée sous mandat de dépôt et sa complice sous contrôle judiciaire. L’affaire a été traitée il y a quelques jours par la BEF de la police judiciaire de la sûreté d’Alger suite à une correspondance émanant du bureau de poste d’Ouled Fayet, à l’ouest d’Alger.

Dans cette correspondance, les responsables de la poste d’Ouled Fayet ont informé les enquêteurs de la BEF de la découverte de plusieurs transactions suspectes de chèques marqués pour l’acquisition de voitures sans la moindre couverture comptable. Les investigations minutieuses des policiers experts de la BEF ont permis de démasquer les auteurs et de dévoiler leur mode opératoire pour détourner plusieurs milliards de centimes appartenant à des clients de la poste ayant des livrets d’épargne. Il s’agit de la chef de service et de sa collègue de travail. Les deux femmes ont volé, selon l’enquête de la BEF, 6,9 milliards de centimes. Elles ont usé de leurs fonctions pour détourner délibérément des fonds publics. Les enquêteurs de la Brigade économique et financière ont dénombré 11 victimes. La principale suspecte présumée dans le cadre de ces multiples détournements utilisait son code secret grâce auquel elle pouvait accéder directement à la base de données des clients.

Ceci lui a donc permis de manipuler les comptes d’épargne et de prévoyance des clients dudit bureau de poste et d’effectuer des retraits illégaux. Afin de couvrir ses opérations sans éveiller le moindre soupçon, la chef de service de la poste d’Ouled Fayet éditait et remplissait des documents de retrait d’argent appartenant à des propriétaires de livrets d’épargne avant de les signer, tout en fournissant les informations nécessaires sur l’identité de chaque victime ainsi que sur la somme d’argent à retirer tout en introduisant une restriction du processus sur le système de réseau de données automatique de l’épargne et de prévoyance. Ainsi, les sommes d’argent retirées par la mise en cause n’étaient pas déduites dans les livrets d’épargne des victimes. La chef de service a pu détourner les 6,9 milliards de centimes en l’absence des propriétaires des livrets d’épargne. Par ailleurs, elle remettait des chèques postaux marqués relatifs à l’acquisition de voitures à des clients qui se présentaient au bureau de poste afin de payer en espèces.

Grâce à cette méthode, elle a réussi à transférer des sommes d’argent sur son compte personnel sans enregistrer le compte postal du bureau qui est sous sa responsabilité. La mise en cause agissait avec la complicité d’un ami, qui possédait une entreprise et un magasin de vente de produits informatiques, avec qui elle était officieusement associée et à qui elle remettait tous les fonds détournés, qu’il utilisait pour son activité commerciale, en partageant les bénéfices avec elle. Entre les deux fraudeurs, une grande complicité existait. Le propriétaire du magasin lui remettait des chèques

bancaires et elle, en contrepartie, lui rapportait des chèques marqués du compte postal spécial du bureau de poste d’Ouled Fayet au nom de son entreprise. Concernant sa collègue, l’enquête a révélé qu’elle était impliquée dans l’affaire dans la mesure où elle n’a pas signalé ce qui se passait et n’a pas informé les autorités publiques compétentes en temps opportun, a indiqué la sûreté d’Alger. Elle est donc poursuivi pour non-dénonciation de crime.

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