150 enfants en isolement à l’EPH de Tamanrasset !

samedi 22 septembre 2018 à 14:34
Source de l'article : Liberte-algerie.com

Les patients, des enfants en bas âge en majorité, ont été mis à l’isolement dans l’ancien service de maternité, pour éviter d’éventuelles contaminations.

Les responsables de la santé dans la wilaya de Tamanrasset n’ont, semble-t-il, pas tiré les bons enseignements de la gestion chaotique de l’urgence signalée à la suite de l’apparition des vibrions cholériques faisant des morts dans plusieurs wilaya du Nord. Le scénario de la “maladie mystérieuse” se reproduit encore dans cette collectivité du Sud qui enregistre, depuis le début du mois en cours, une centaine de cas atteints d’une épidémie dont l’origine et la cause restent encore inconnues. Depuis son apparition, près de 150 personnes ont été déjà reçues à l’établissement public hospitalier de la ville. Les malades ont développé des symptômes de fièvre, de vomissements, de diarrhée avec asthénie. La psychose s’est installée au service des urgences et de pédiatrie où ont été reçus plusieurs enfants et nourrissons développant les mêmes symptômes, a-t-on constaté sur place. “Pour l’instant, on ne connaît pas la cause de cette maladie. Mais les premiers signes laissent croire à une gastroentérite d’origine virale”, tente de rassurer le chef de service des maladies infectieuses de l’EPH, le Dr Elias Akhamouk, en faisant savoir que toutes les dispositions appropriées à ce genre de situation pathologique ont été prises par la direction de l’hôpital. Le même responsable indique que les malades hospitalisés, dont la majorité d’entre eux sont des enfants en bas âge, ont été mis à l’isolement dans l’ancien service de maternité pour éviter d’éventuelles contaminations. En l’espace de dix jours, “on a reçu entre 100 et 150 malades présentant les mêmes symptômes. Des diagnostics virologiques rapides ont été ainsi faits sur les patients au niveau du laboratoire de l’hôpital, mais on attend toujours les résultats des analyses effectuées par l’Institut Pasteur pour pouvoir identifier cette maladie”, précise le spécialiste en infectiologie. Le directeur de l’EPH, Abdelkader Bika a, de son côté, affirmé que la situation est “totalement maîtrisée” et que son établissement restera sur le qui-vive pour faire face à d’éventuels changements. À cet effet, une réunion de coordination a été ainsi organisée avec l’ensemble des services de l’EPH pour réunir toutes les informations relatives à l’évolution de l’infection et du coup prévenir de la transmission de cette étrange maladie. Toutefois, l’ébruitement de la forte propagation de cette épidémie a fait l’effet d’un coup de tonnerre chez certains paramédicaux qui, témoigne l’un d’entre, travaillent avec des moyens dérisoires et sont en manque de personnel qualifié dans ce genre de situation. Et de poursuivre que la moitié des paramédicaux recrutés par cet établissement ont été mutés dans leurs wilayas d’origine. “Je rappelle que pendant les journées de la fête du sacrifice, aucun infirmier ne s’est présenté aux deux services de réanimation. Je ne vais pas encore parler des médecins spécialistes qui perçoivent un salaire sans service rendu. Bref, la situation qu’essaient vainement d’étouffer les syndicalistes, au prix d’une promotion au poste supérieur, ne rassure guère à l’EPH de Tamanrasset”, s’indigne l’infirmier. Ce dernier invite la Direction de la santé et de la population de la wilaya de Tamanrasset à dégager une commission composée essentiellement de spécialistes en épidémiologie, en infectiologie et de médecins généralistes pour parvenir à identifier le foyer de cette “maladie mystérieuse”, sachant que la population de l’Ahaggar, à l’exception des plus nantis se permettant d’acheter de l’eau minérale, puise son eau potable de sources non contrôlées. Le risque majeur est subi par les habitants du village de Tagrambaït, à 15 km du chef-lieu de la commune de Tamanrasset, qui vivent, depuis 2010, sous la menace des MTH (maladies à transmission hydrique), en raison des affluents pollués ayant quasiment contaminé les puits d’irrigation et les sources d’alimentation en eau potable. Une catastrophe qui échappe vraisemblablement aux hauts responsables du pays et aux politiques pro-Bouteflika qui continuent de parler d’un certain mégaprojet de transfert d’eau “saumâtre”, lequel ne sert, au final, que pour l’arrosage des rues poussiéreuses et au besoin d’usage domestique. Une question : faut-il attendre le pire pour alerter l’opinion publique ?

RABAH KARECHE

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