Emission autour du livre « Imzad », de Farida Sellal La femme targuie sous les feux de la rampe

dimanche 6 novembre 2016 à 21:45
Source de l'article : Horizons-dz.com

Le rôle et la place de la femme dans la société ont été, samedi dernier au soir, au centre d’une nouvelle émission sur Canal Algérie, « Vivons un livre », conçue par la présidente de l’association « Sauver l’Imzad » Farida Sellal et animée par Youcef Saïah.

De nombreux spécialistes nationaux et internationaux, des membres de l’association Sauvons l’Imzad, ainsi que plusieurs téléspectateurs de la région de l’Ahaggar, y ont pris part, dans un plateau traditionnel où trônait le patrimoine matériel et immatériel des Touaregs. L’occasion a été donnée pour présenter le beau livre de Farida Sellal, « Imzad », récemment paru aux éditions Casbah.


Parce qu’il s’agit d’une société matrimoniale, les Touaregs, descendants de la reine Tin Hinan dont le tombeau se trouve à Abalessa, Tamanrasset, accordent une place importante à la femme. Jouissant d’un statut de choix, la femme targuie intervient dans plusieurs aspects de la vie en communauté. Pour la poétesse targuie Koula Khettali, l’un des rôles fondamentaux de la femme est de gérer et de protéger sa famille. Mais c’est surtout son statut d’épouse qui lui confère un prestige. « C’est la femme mariée qui garde la propriété de la tente du couple, même après le divorce », souligne Mohamed Aghel Zakara, universitaire à l’Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco) de Paris.

A ses yeux, l’importance de la femme targuie est telle qu’un proverbe local la qualifie de « pantalon de l’homme ».
Spécialiste de la culture locale, Dominique Casajus, directeur du Centre national français de la recherche scientifique (Cnrs), a indiqué que la tente dans la culture des Touaregs symbolise le mariage, non sans mettre en évidence l’implication de la femme artisane dans sa fabrication. Ce qui amène Farida Sellal à dire que la femme est une « artiste et architecte ».

Des images montrant des femmes à pied d’œuvre dans l’édification d’une tente traditionnelle, ont été diffusées dans l’émission. Slimane Hachi, historien et directeur du Centre national de recherches préhistoriques, anthropologiques et historiques (Cnrpah), a fait savoir que l’art rupestre (peintures et gravures) met en scène l’implication de la femme dans plusieurs segments de la vie. « L’habitat berbère en général est essentiellement féminin », a-t-il poursuivi.


De fil en aiguille, les participants ont également mis en valeur la fabrication de la tente ancestrale. Processus durant lequel la femme intervient notamment dans la fabrication du cuir ornant la structure. Il a été également question de l’orientation et de l’emplacement de la tente qui obéit, selon plusieurs intervenants, à une lecture astronomique ancestrale et dont seuls les Touaregs en maîtrisent le savoir-faire.

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