La famille Kamel Eddine Fekhar dépose plainte !

samedi 15 juin 2019 à 12:15
Source de l'article : Liberte-algerie.com

La famille du défunt Kamal-Eddine Fekhar, décédé en détention, a déposé une plainte contre pas moins de cinq responsables dans la wilaya de Ghardaïa. Selon Me Salah Dabouz, avocat du défunt et également avocat de la famille, “il s’agit de plaintes contre cinq personnes, comme point de départ”. L’avocat a précisé que “la famille a déposé une plainte contre le wali de Ghardaïa, Azzedine Mechri, le procureur général près la cour de Ghardaïa, Mohamed Bensalem, le juge d’instruction de la première chambre du tribunal de la ville, le directeur de la prison de Ghardaïa et le directeur de l’hôpital Brahim-Tirichine”. “Ils sont les premiers responsables de la mort programmée du Dr Fekhar”, a accusé l’avocat, estimant que “l’instruction va dévoiler l’implication probable d’autres personnes”.

Ces mêmes personnes sont accusées d’“allégation et imputation d’un fait qui porte atteinte à l’honneur ou à la considération de personnes, acte arbitraire ou attentatoire, soit à la liberté individuelle, soit aux droits civiques d’un ou de plusieurs citoyens et non-assistance à personne en danger”. La famille Fekhar et l’avocat Salah Dabouz ne perdent pas de vue que cette affaire pourrait dévoiler “les dessous” d’un plan orchestré par les hautes autorités du pays. “Cette affaire risque d’avoir des ramifications encore non connues pour deux raisons principalement”, a dit l’avocat, précisant que la famille, tout comme lui, onsidère que “la liquidation de Kamal-Eddine Fekhar est un crime d’État” dans la mesure où “tout a été entrepris par des fonctionnaires au sein d’institutions de l’État, en usant des lois de la République”.

Il a ajouté que le dossier Kamal-Eddine Fekhar “qui avait été traité par les instances onusiennes une première fois, avait fait l’objet d’un avis portant le numéro 34/2017, concluant que son arrestation du 9 juillet 2015 était une arrestation arbitraire”. Les mêmes instances, poursuit l’avocat, “ont demandé au gouvernement de normaliser la situation de Fekhar et de lui apporter des garanties pour éviter son arrestation pour les mêmes motifs”. “Les autorités onusiennes sont donc impliquées dans ce dossier et doivent obligatoirement comprendre pourquoi il y a eu récidive”, a ajouté l’avocat, tout en soulignant que “nous devons donc tous comprendre pourquoi Mechri et Bensalem bénéficient de cette immunité qui les couvre même en cas de crime”. Sur ce point, Me Dabouz a estimé que “le wali Azzedine Mechri et le procureur général Mohamed Bensalem sont arrivés à Ghardaïa en 2014 en pleine crise sécuritaire.

Ils étaient chargés d’agir par une politique répressive en violation des lois et de cibler les activistes politiques de la mouvance démocratique et des droits humains, à leur tête le Dr Kamal-Eddine Fekhar, pour éradiquer toutes formes de résistance pouvant gêner les pouvoirs publics dans leur politique de contrôle de la société et de son façonnage selon le modèle décidé par certains cercles de lobbying à partir d’Alger”. Il a souligné que depuis le soulèvement du 22 février, “les pouvoirs centraux n’étant plus en mesure de suivre l’application de tels plans, ces deux responsables naviguent à vue selon la même politique, mais sans couverture ni assistance, ce qui fait qu’ils ne cessent de s’enfoncer et commettent de plus en plus de fautes jusqu’à commettre des crimes programmés, comme ce fut le cas de Fekhar”.

Mohamed Mouloudj

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