Google veut stocker les énergies renouvelables… avec du sel !

mercredi 2 août 2017 à 23:50
Source de l'article : Futura-sciences.com

X, le laboratoire de recherche et développement d’Alphabet (maison mère de Google), planche sur un système de stockage des énergies renouvelables qui pourrait remplacer les solutions avec batteries lithium-ion. Baptisé Malta, celui-ci repose sur du sel et de l’antigel.

  • Le stockage et la restitution des énergies renouvelables sont des enjeux actuels majeurs.
  • Alphabet, maison mère de Google, travaille sur un système à base de sel et d’antigel. Il serait plus efficace et moins coûteux que le stockage sur batteries lithium-ion.
  • L’Allemand Siemens est également sur les rangs.

Actuellement, le recours aux énergies renouvelables pour alimenter les réseaux électriques implique une problématique de taille : le décalage entre les moments où la nature permet de collecter l’énergie à partir du soleil ou du vent et les besoins quotidiens des usagers à des périodes qui ne sont pas en phase avec la production. Cette situation induit un gaspillage conséquent faute de pouvoir stocker cette énergie de façon abordable et durable pour la restituer au moment voulu (voir « Le saviez-vous ? » ci-dessous).

Les solutions de stockage des énergies renouvelables existent, notamment sur des batteries lithium-ionTesla fait partie des acteurs présents sur ce créneau avec ses systèmes Powerpack (entreprises et collectivités) et Powerwall (particuliers). Récemment, la société dirigée par Elon Musk a annoncé qu’elle allait installer en Australie-Méridionale un système de stockage sur batteries lithium-ion d’une capacité de 100 mégawatts qui sera connecté à des fermes éoliennes. Mais un concurrent inattendu pourrait surgir dans les prochaines années…

Un schéma représentant le système de stockage d’énergies renouvelables du projet Malta d’Alphabet. Deux réservoirs contiennent du sel (Hot Salt Storage, en anglais sur le schéma) qui est chauffé tandis que les deux autres renferment de l’antigel refroidi (Cold Liquid Storage) par des flux d’air. Ces derniers sont ensuite envoyés vers une pompe à chaleur (Heat Pump) afin de produire de l’électricité pour alimenter le réseau. © X

Du sel chauffé et de l’antigel refroidi

En effet, dans le secret de son laboratoire de recherche et développement nommé « X », Alphabet (maison mère de Google) travaille sur une alternative qui promet d’être plus efficace et moins coûteuse que la technologie lithium-ion. Baptisé Malta, ce projet, décrit dans un article publié par Bloomberg, repose sur l’usage de sel et d’antigel pour stocker l’énergie et la restituer. Selon ses concepteurs, ce système peut non seulement conserver l’énergie plus longtemps mais aussi être financièrement compétitif face aux usines hydroélectriques et aux autres solutions de stockage des énergies propres.

Il se présente sous la forme d’une centrale électrique composée de quatre réservoirs reliés par des tuyaux à une pompe à chaleur (voir schéma ci-dessus). Deux réservoirs sont emplis de sel tandis que les deux autres sont emplis d’antigel ou d’un hydrocarbure liquide. L’énergie renouvelable, solaire ou éolienne, arrive dans le circuit. Elle est ensuite convertie en deux flux d’air : l’un chaud, l’autre froid. Le premier va chauffer le sel tandis que le second va refroidir l’antigel. L’énergie est alors stockée pour une durée qui peut varier de plusieurs heures à plusieurs jours, selon le niveau d’isolation des réservoirs.

L’avenir du projet Malta d’Alphabet n’est pas encore clair

Pour restituer cette énergie, le processus est inversé. Les flux d’air (chaud et froid) sont dirigés vers une turbine qui va produire de l’électricité pour servir le réseau à la demande. Pour le moment, le dispositif développé par Google est un prototype qui n’a pas encore été testé en conditions réelles sur un réseau électrique. Selon les ingénieurs du laboratoire X, ce système de stockage pourrait être dimensionné pour desservir des grands sites industriels, des centres de données aussi bien que de petites fermes éoliennes ou photovoltaïques.

Alphabet n’est pas le premier ni le seul à travailler sur ce concept. Bloomberg rappelle que l’Allemand Siemens est également sur les rangs. Mais les chercheurs du projet Malta ont apparemment trouvé un moyen de faire fonctionner le système à des températures inférieures, ce qui évite d’avoir à recourir à des matériaux céramiques et des aciers très coûteux.

Pour le moment, Alphabet n’a pas encore déclaré quelles étaient ses intentions avec le projet Malta. Il est probable que le géant américain cherchera à nouer un partenariat pour réaliser des essais en conditions réelles avant de poursuivre son projet.

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