Vente de médicaments et compléments alimentaires: La confusion persiste

jeudi 18 mai 2017 à 16:23
Source de l'article : Liberte-algerie.com

Ce sont autant de produits aux compositions inconnues et dépourvus de la moindre étude scientifique justifiant leurs bienfaits thérapeutiques.

Le ministère du Commerce vient d’interdire l’importation et la commercialisation des herbes ou de mélanges de plantes qui auraient, selon leurs promoteurs, des vertus thérapeutiques. Que ces plantes aient des effets nutritifs seulement, leur vente aux consommateurs peut être tolérée. Par contre, si elles sont destinées, soi-disant, à guérir des maladies telles que le diabète, l’hypertension artérielle (HTA), l’insuffisance rénale, la toux, l’asthme, la migraine, l’insomnie… cela pose un véritable problème de santé publique.

Or, pour qu’un produit puisse être utilisé contre ce type de pathologies, il faut qu’il soit considéré comme étant un vrai médicament. Une telle qualification exige, au préalable, un enregistrement auprès du ministère de la Santé. Le produit doit subir, pour cela, des tests cliniques effectués par des experts relevant de la tutelle, qui confirmeront ou infirmeront ses effets thérapeutiques. Une fois cette étape franchie — elle dure parfois deux ans, voire plus —, le département de la Santé accorde une autorisation de mise sur le marché. Le produit pharmaceutique porte ainsi, entre autres indications, un numéro d’enregistrement.

Or, il se trouve que de nombreux produits faits à base de plantes portant la mention “100 % naturel” sont… naturellement vendus sous forme de sirops dans certaines pharmacies. L’on cite des sirops qui stimuleraient l’appétit des bébés ou qui soulagent leur toux nocturne, des huiles contre le stress, les nausées… Ce sont autant de produits aux compositions inconnues et dépourvus de la moindre étude scientifique justifiant leurs bienfaits thérapeutiques qui sont proposés à la vente à des malades. Le problème est d’autant plus grave que des médecins prescrivent ce genre de produits.

Devant l’ampleur prise par le phénomène, le ministère du Commerce décide de geler les importations de mélanges d’herbes destinés à la vente en l’état et annonce une nouvelle réglementation régissant la commercialisation des plantes médicinales.
Cette mesure conservatoire intervient en attendant la codification de l’activité. “Il est interdit aux commerçants exerçant l’activité de préparation, de conditionnement ou de vente d’herbes de commercialiser les mélanges d’herbes, à l’exception de la commercialisation en l’état sans mention de vertus thérapeutiques sur l’étiquetage ou de publicité de leurs vertus thérapeutiques par n’importe quel moyen”, indique le ministère. Par prudence, le département du Commerce interdit que les vertus thérapeutiques de ces mélanges d’herbes soient mentionnées sur l’étiquetage ou qu’on leur en fasse de la publicité, leur composition étant méconnue.

Gel des importations de mélanges d’herbes
À travers une campagne publicitaire, l’on craint un engouement de la part des consommateurs pour ces produits dont les effets thérapeutiques ne sont pas maîtrisés par la tutelle. Ce qui, par conséquent, risque de provoquer une contamination, des complications et autres endémies qui échappent à tout contrôle. Une prescription médicale est donc de mise. Les pouvoirs publics semblent échaudés par l’épisode vécu avec le produit RHB (Rahmt Rabi), présenté comme un remède miracle contre le diabète.

En tout cas, la nouvelle loi sanitaire devrait, en principe, définir et codifier cette activité et insérer les compléments alimentaires dans la classe des médicaments. Cela dit, pour le moment, “le ministère du Commerce fait face à un déficit réglementaire, car les vertus thérapeutiques d’un complément alimentaire ne doivent pas être inscrites sur la boîte”, souligne le Dr Lotfi Benbahmed, président de l’Ordre national des pharmaciens. “Les pharmaciens, censés être formés, qui vendent ces produits comme étant des médicaments, engagent leur responsabilité sur les plans pénal et disciplinaire en cas de complications survenues après consommation”, affirme le Dr Benbahmed.

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