Reguia, jeune porteur de projet réussit le pari d’entreprendre en « Vert ».

vendredi 17 février 2017 à 11:05
Source de l'article : Huffpostmaghreb.com

Il semble que le « Green Business » commence à interpeller les jeunes en Algérie. Entreprendre en « Vert » est le choix de carrière de Ferrah Reguia. Cette jeune femme de 30 ans, originaire de Médéa, lancera incessamment une « éco-entreprise ». Sa vocation : exploiter le figuier de barbarie pour la production d’huile végétale destinée à l’industrie cosmétique.

Un esprit entrepreneurial, une vision écologique et le tour est joué, s’amuse-t-elle à résumer cette aventure entrepreneuriale. Mais en réalité, mettre sur pied un tel projet n’est pas chose aisée.

Titulaire d’une licence en biologie et de deux masters en chimie et science de la nature et vie, Reguia enseigne actuellement les sciences dans un lycée à Médéa. En parallèle elle se consacre à son entreprise, dont l’activité sera lancée en juin 2017, selon cette jeune entrepreneuse.

L’idée de créer une « éco-entreprise », elle y pense depuis la fin de ses études en 2015. Pour son projet de thèse, elle choisit comme sujet: la valorisation et la transformation de la figue de barbarie en cosmétologie, santé et le secteur agroalimentaire. Un projet qui ouvre la voie à une activité indépendante.

« Je suis avant tout passionnée de phytothérapie, l’efficacité de la médecine par les plantes n’est plus à prouver de nos jours. En m’intéressant au figuier de barbarie dans le cadre de mon projet de thèse, j’ai découvert les bienfaits thérapeutiques de cette plante, prospère en Algérie, et surtout qu’elle n’était pas exploitée » raconte Reguia.

En effet le figuier de barbarie est entièrement exploitable. Cette plante est anti-inflammatoire, et hypoglycémiante. Elle est également conseillée pour les régimes amaigrissants et les problèmes gastronomiques, explique cette biologiste.

Reguia s’intéresse à l’utilisation du figuier de barbarie dans cosmétologie. Elle explique que l’huile végétale extraite des graines du fruit rentre dans la fabrication de savon, gel douche, shampooing et autres produits cosmétique. Elle souligne que les produits cosmétiques à base de cette huile sont nourrissants et anti-âge.

Le plan d’affaires « Vert »

Reguia se lance dans cette aventure à la fois entrepreneuriale et écologique dès la fin de ses études en 2015. Elle décide d’étudier la faisabilité de son projet de thèse sur le terrain. C’est-à-dire parvenir à créer une entreprise spécialisée dans l’extraction d’huile végétale du figuier de barbarie et le proposer aux producteurs de cosmétique en Algérie.

« J’ai commencé par prendre attache avec les producteurs de cosmétiques locaux. En leur proposant l’huile végétale du figuier de barbarie je me suis vite rendu compte que peu de gens connaissaient ses vertus, et encore moins son utilisation dans différents produits » note l’interlocutrice.

Néanmoins ces derniers sont réceptifs, son idée séduit, et les producteurs l’encouragent et promettent de collaborer avec elle à l’avenir.

Reguia est davantage confortée dans son choix lorsqu’elle présente son « éco-projet » au 1er forum entrepreneurial euro-maghrébin sur les agro-ressources fonctionnelles au Maroc. Des industriels présents à la conférence ont manifesté de l’intérêt pour son produit. Une débouchée pour d’éventuelles exportations.

Pendant cette phase d’élaboration du projet, Reguia postule pour participer à un programme de l’Union Européenne sur l’éco-entrepreneuriat, intitulé « Switchmed ». Elle est retenue et bénéficie de nombreuses formations notamment sur la méthode de créer des « éco-entreprise ».

Mieux encore, elle est sélectionnée pour un programme d’incubation qui vient de débuter et qui durera 8 mois.

Participer à ce programme lui a permis d’envisager son projet en tant qu’activité économique et écologique. « Grace aux connaissances acquises dans le cadre du programme, j’ai repensé mon projet en créant des activités parallèles à l’extraction d’huile à partir de la récupération des déchets pour la production de produits agroalimentaires » précise Reguia.

Un projet sans déchets

Le processus de fabrication de cette huile végétale est relativement simple, informe Reguia. Elle est actuellement à la recherche d’équipements nécessaires pour cette activité. Elle se dit rassurée car les machines sont disponibles, mais elle devra les importer de Chine ou d’Allemagne.

« L’extraction de l’huile végétale se fait à partir des graines du fruit. La méthode utilisée est la pression à froid. Ces graines sont séchées et pressées pour obtenir l’huile » détaille Reguia.

De cette opération résultent des déchets : les fruits et une farine agroalimentaire. Il n’est cependant pas question de s’en défaire. Pour récupérer ces aliments nutritifs, la jeune femme envisage de s’équiper de machine qui assure l’extraction de l’huile mais également la récupération de déchets et leur transformation.

« Tout l’intérêt d’une éco-activité est de parvenir à créer de la valeur et réduire les atteintes à l’environnement, et je ferai en sorte que mon entreprise repose sur cette philosophie » promet Reguia.

Cette jeune femme pleine d’ambition ne compte pas s’arrêter là. Elle éditera prochainement un livre ou le lecteur découvrira tout ce qui a trait au figuier de barbarie et ses bienfaits. Elle ambitionne également à collaborer avec d’autres secteurs notamment celui du médicament.

Pour le mot de la fin cette jeune femme revient sur ce choix d’entreprendre dans un domaine encore peu investi en Algérie. Elle dira que c’est un secteur qui foisonne d’opportunités viables et durables.

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