L'aventure d'un Algérien sur le toit du monde

mercredi 10 juin 2009 à 12:26
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Dendoune Nadir.JPGIl avait fait Paris-Sydney en VTT
Un Franco-algérien au sommet du mythique Everest, c’est ce que vient de révéler le quotidien français Libération. L’exploit ne se limite pas au fait d’avoir embrassé le toit du monde, Nadir Dendoune, ce fils d’émigré né à Saint-Denis, puisque c’est de lui qu’il s’agit, avait déjà défrayé la chronique en parcourant Paris-Sidney en VTT et en faisant le bouclier humain à Bagdad en 2003.
Sans aucune expérience en alpinisme, Dendoune est le premier franco-algérien à avoir gravi le sommet du monde.
Auteur déjà de deux livres, le phénomène ne s’est pas empêché de se prendre en photo au sommet de l’Everest, arborant fièrement sur un carton le numéro de son département. Dans un entretien accordé au journal français, Dendoune, «qui rêve d’une reconnaissance sociale», affirme qu’il en a marre des clichés sur la banlieue.
«Pour être un aventurier, il faut être blanc, s’appeler Vincent…

J’ai fait l’Everest parce que je voulais aller là où on ne m’attendait pas», dira-t-il. Rappelant les moments difficiles de sa jeunesse, il avouera que le vrai déclic s’est opéré le jour où on l’a considéré comme un Français à part entière. «J’ai quitté la France en 1993, pour un raid en VTT jusqu’à Sydney. Et c’est là que ma vie a changé», poursuivra-t-il.

Après un séjour de plus de sept années, Dendoune obtiendra la nationalité australienne en 2001 et deviendra ainsi le
premier australo-beur. «Aujourd’hui, j’ai trois passeports (français, algérien, australien) mais pas de vraie identité, c’est un peu triste», avouera-t-il. Abordant son exploit, il a indiqué que l’aventure a commencé en 2001 lors de son passage à Katmandou à l’arrivée au niveau d’un camp de base de l’Annapurna.
C’est là que l’idée de relever ce nouveau défi a germé dans sa tête.

«Quitte à souffrir, que ce soit pour la plus belle montagne du monde et la plus haute», dira-t-il. C’est à Paris qu’il sera orienté par un chef d’expédition népalais vers une expédition commerciale qui a facilité son inscription.
Soulignant qu’il ne s’est pas préparé spécifiquement à l’escalade mais qu’il s’était préparé à sa manière, pendant cinq années, Dendoune, même s’il savait qu’il «allait en baver», a tenu à relever le défi. Avant et pendant l’expédition, il avoue avoir été confronté à d’énormes difficultés, mais cela n’entravera en rien sa volonté d’aller au bout de son rêve. Les expéditions par la face nord (côté Tibet et Chine) ayant été bloquées suite aux événements de Lhassa (avant les JO de Pékin), Dendoune indique qu’il a dû aller vers le
versant sud-népalais .
«Seul problème : il est beaucoup plus cher.

J’avais environ 15.000 euros de côté, il en fallait au minimum 20 000, plus tous les frais», ajoutera-t-il.

Grâce à un sponsor et à l’aide de certains de «mes potes», la veille du départ, il réussira à réunir la somme exigée. Au sein de l’expédition, Dendoune affirme qu’il existait une vraie haine de la France au sein du groupe d’Anglo-Saxons dirigé par un Ecossais. «J’ai été rejeté par tout le monde. Sept semaines tout seul dans une tente, c’est ça qui a été le plus dur… En fait, tout le monde pensait que j’étais une tache, que j’étais trop basané, etc., .
Comme d’habitude. Bon, le fait que je ne sache pas grimper, ça les a aussi un peu énervés sans doute », confiera-t-il. Aux ultimes tréfonds de ses tripes, l’aventurier réussira son pari.
« Le dernier jour, sous oxygène, il n’y avait plus que dix heures à tenir, et j’ai tout donné… Je tenais à peine debout.
Et le ressaut Hillary (dernier passage technique, à une centaine de mètres du sommet), ce que j’ai pu galérer
dans ces gros rochers !Je l’ai d’ailleurs redescendu sur les fesses.
Maintenant, je sais que je ne ferai plus jamais de montagne de ma vie», avouera-t-il.
L’exploit ayant été réussi, Dendoune affirme qu’aujourd’hui encore personne ne le croit vraiment, mais que «heureusement» il possède un certificat. Pour conclure son interview et à propos de son nouveau livre, il indique qu’il a déjà écrit l’équivalent de deux ou trois tomes. «Il me fallait du recul mais, maintenant, je tiens l’angle : je suis un tocard… sur le papier», conclura-t-il.

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