Pourquoi la viande est chère en Algérie ? Le ministre répond

Pourquoi la viande est chère en Algérie ? Le ministre répond
Viandes rouges

À l’occasion du 60e anniversaire de l’Institut National de la Recherche Agronomique d’Algérie (INRAA) à El Harrach, le ministre de l’Agriculture, Yacine Oualid, accompagné de son homologue de l’Enseignement supérieur, Kamel Biddari, a tracé une nouvelle feuille de route pour le secteur. Le message de cette dernière était que l’avenir de l’assiette des Algériens passe par les laboratoires et l’innovation, loin des méthodes traditionnelles.

Abordant la question sensible de la cherté des viandes rouges, le ministre Yacine Oualid a apporté un éclairage technique en précisant que le problème ne réside pas dans la taille du cheptel, mais plutôt dans le coût exorbitant de la production nationale.

Jugeant anormal que la viande importée soit plus compétitive que celle produite localement, il a préconisé, comme solution durable, le lancement d’études scientifiques approfondies sur l’alimentation animale afin d’optimiser les coûts et de transiter vers un modèle d’élevage moderne et performant.

Optimisation des grandes cultures et réduction de la dépendance

Le secteur des grandes cultures, et plus particulièrement celui du blé, fait également l’objet d’une attention accrue. Le ministre ayant déploré un rendement stagnant à 15 quintaux par hectare depuis l’indépendance.

Pour briser ce plafond de verre, la nouvelle stratégie mise sur l’amélioration des semences afin de les adapter aux spécificités de chaque zone climatique, ainsi que sur une opération nationale d’analyse des sols, menée en coordination avec l’Enseignement supérieur pour rationaliser l’usage des engrais.

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Enfin, la lutte contre le stress hydrique passera par une généralisation des techniques d’irrigation moderne, garantissant ainsi une meilleure productivité et une gestion optimisée des ressources en eau.

Concernant la filière lait et aviculture, le ministre a exhorté les chercheurs à développer des souches et ressources génétiques locales de haute performance, afin de réduire la dépendance quasi totale aux importations de matériel génétique et de poudre de lait, préservant ainsi les réserves de change.

La préservation de la biodiversité pour l’avenir

Pilier de la sécurité nationale, la préservation de la biodiversité algérienne se concrétisera par la mise en œuvre rapide d’une Banque Nationale de Gènes. Ce projet stratégique visera à recenser et conserver toutes les variétés végétales et races animales locales, garantissant un patrimoine génétique souverain pour les décennies à venir.

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De son côté, le ministre de l’Enseignement supérieur, Kamel Biddari, a réaffirmé l’engagement de son secteur. Il a notamment annoncé le lancement de 100 bourses de doctorat dédiées spécifiquement à la production animale et agricole cette année. L’objectif est de transformer les centres de recherche en véritables moteurs de solutions économiques capables de produire plus à moindre coût.

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