Le navire « Freedom » a accosté jeudi au port d’Alger avec à son bord une importante cargaison d’ovins importés. Cette opération s’inscrit dans le cadre des efforts soutenus des autorités publiques pour garantir la disponibilité des moutons sur le marché national, notamment à l’approche des périodes de forte demande.
Selon un communiqué des services portuaires, cette initiative répond aux orientations du président de la République visant à réguler l’approvisionnement et à préserver la stabilité des prix. L’objectif est clair : anticiper les besoins du marché et éviter toute tension susceptible d’entraîner une hausse des tarifs.
Dans le détail, les opérations de déchargement ont été organisées dans des conditions optimales, grâce à la mobilisation de moyens humains et logistiques importants. Les responsables ont veillé au respect strict des normes en vigueur au sein des infrastructures portuaires, garantissant ainsi le bon déroulement de l’opération.
Un dispositif coordonné et rigoureux
L’arrivée de cette cargaison a nécessité une coordination étroite entre plusieurs services, notamment les autorités locales, les équipes portuaires et les services vétérinaires. Ces derniers ont immédiatement entamé des contrôles sanitaires rigoureux afin de s’assurer de la conformité du cheptel aux normes d’importation en vigueur.
Ces vérifications portent principalement sur l’état de santé des animaux, dans le but de garantir leur sécurité avant leur mise sur le marché national. Ce dispositif vise également à rassurer les consommateurs quant à la qualité des produits proposés.
Avec cette nouvelle opération, les pouvoirs publics entendent renforcer l’offre disponible et répondre efficacement à la demande croissante. Cette démarche s’inscrit dans une stratégie globale de régulation du marché, visant à protéger le pouvoir d’achat des citoyens et à assurer une meilleure disponibilité des produits essentiels.
D’autres opérations similaires pourraient être menées dans les semaines à venir, dans le but de maintenir cet équilibre et d’accompagner les besoins du marché national.
Aïd el-Adha : flambée des prix des moutons, entre spéculation et tensions sur le marché
À l’approche de l’Aïd el-Adha, les marchés à bestiaux à travers tout le pays de l’est à l’ouest en passant par le centre affichent une nette tendance à la hausse des prix. Une réalité largement relayée ces derniers jours sur les réseaux sociaux, où de nombreux internautes partagent des vidéos prises dans différents marchés, pointant du doigt des tarifs jugés excessifs au regard du pouvoir d’achat des Algériens.
Sur place, les constats se rejoignent : les prix démarrent autour de 60 000 dinars pour un agneau de petite taille, et peuvent grimper jusqu’à 200 000 dinars pour des béliers bien conformés, pesant près de 45 kg avec des cornes imposantes. Des niveaux supérieurs à ceux de l’année dernière, malgré des conditions climatiques pourtant plus favorables.
Face aux critiques, les maquignons et éleveurs avancent plusieurs arguments. Selon eux, la hausse des prix s’explique notamment par la baisse du nombre de brebis, fortement impactées par les épisodes de sécheresse des dernières années. Faute d’aliments suffisants, une grande partie du cheptel aurait été abattue prématurément, réduisant ainsi la capacité de reproduction.
À cela s’ajoute le coût élevé des aliments pour bétail, malgré les aides de l’État accordées aux éleveurs disposant de cartes professionnelles. Une situation qui a entraîné une hausse des prix à la source, répercutée ensuite sur l’ensemble de la chaîne.
Quant aux moutons importés, notamment d’Espagne et de Roumanie, ils ne semblent pas inquiéter les professionnels du secteur. « Il y a des moutons pour tout le monde », assurent certains, estimant que les consommateurs les plus modestes pourront se tourner vers ces alternatives, même si beaucoup continuent de privilégier le mouton local.
Prix des moutons : les revendeurs pointés du doigt
Mais un autre phénomène alimente la polémique cette année : le rôle des courtiers et revendeurs. Présents en masse sur les marchés, ces intermédiaires achètent souvent des lots entiers à des prix relativement bas pour les revendre le jour même avec des marges importantes.
Ainsi, des moutons acquis à 85 000 dinars peuvent être proposés à plus de 120 000 dinars quelques heures plus tard, parfois sur le même marché. Une pratique vivement dénoncée par les éleveurs, qui estiment que ces marges dépassent largement leurs propres bénéfices, obtenus après des mois de travail sur le terrain.
Face à cette situation, certains éleveurs préfèrent désormais s’aligner sur les prix pratiqués par les revendeurs, afin de ne pas être lésés. Résultat : une inflation généralisée des tarifs, qui risque de peser lourdement sur les ménages.
Pour tenter de réguler le marché, les autorités ont lancé une vaste opération d’importation d’un million de moutons en prévision de l’Aïd. Les premiers lots, en provenance notamment d’Europe, sont déjà arrivés et placés en quarantaine conformément aux procédures sanitaires en vigueur.
Parallèlement, une plateforme numérique dédiée à l’acquisition de ces moutons a été ouverte récemment pour les inscriptions en ligne. Une initiative qui vise à encadrer l’opération et à faciliter l’accès des citoyens à ces animaux à des prix encadrés.
Cependant, les avis restent partagés. Certains consommateurs critiquent la taille jugée insuffisante des moutons proposés lors des précédentes opérations, tandis que d’autres saluent une alternative accessible face à la flambée des prix du marché local.
Malgré ces divergences, une partie des observateurs reste optimiste. Avec l’arrivée progressive de nouveaux contingents importés et une meilleure organisation cette année, une baisse des prix pourrait intervenir dans les jours ou semaines à venir, offrant un léger répit aux ménages.
