Alors que la tripartite s'annonce cruciale en Septembre,L'état face au chaudron social

mardi 27 août 2013 à 8:36
Source de l'article : Lexpressiondz.com

P130827-15.jpgÇa bout…

Manifestations au Sud, grèves, rentrée politique et sociale et chantiers bloqués à cause de la non-signature de la loi de finances complémentaire.

Les nouvelles du front… social ne sont guère bonnes. Ça bout! Intervenant dans un contexte politique et social difficile, la réunion de la tripartite, prévue en septembre prochain, s’annonce des plus chaudes. Ce n’est pas par hasard d’ailleurs que cette rencontre ait été élargie pour la première fois aux syndicats autonomes.

Le gouvernement doit faire face à une rentrée sociale des plus embrasées. Grogne des travailleurs qui a déjà commencé par une grève dans les postes, le port, ArcelorMittal Steel, conjuguée à une chute drastique du pouvoir d’achat, à l’augmentation de l’inflation et de ce fait, des prix, des salaires qui demeurent insuffisants… Cela, sans oublier l’équation du Sud dont les paramètres se compliquent.

Les chômeurs menacent de remettre la contestation à la veille de cette tripartite, ce qui n’est pas fait pour arranger les choses malgré les centaines de milliards de dinars dégagés, les mesures gouvernementales annoncées et les visites ministérielles effectuées dans cette région du pays. Bref, cette tripartite sera face à un véritable chaudron social. Mais en faisant un petit voyage dans le temps, le contexte social de cette rencontre est le même que celui que l’on retrouve depuis des années.

Le secrétaire général de l’Union générale des travailleurs algériens (Ugta), Abdelmadjid Sidi Saïd, a affirmé, il y a quelques semaines, que cette tripartite sera axée sur «les questions économiques». Il a précisé que la prochaine rencontre entre le gouvernement, l’Ugta et le patronat abordera les «questions économiques» qui «se tailleront la part du lion», a-t-il ajouté.

Fin juin dernier, le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, avait annoncé cette rencontre pour le mois de septembre, avec au menu la relance de l’investissement.«En septembre se tiendra une tripartite ou une tripartite élargie regroupant le gouvernement, les représentants des travailleurs et les responsables des organisations patronales pour étudier les moyens susceptibles d’améliorer l’investissement» avait déclaré M. Sellal à partir de Souk Ahras lors d’une rencontre avec des représentants de la société civile. «Beaucoup de procédures seront incluses dans la loi de finances complémentaire 2013 (…) pour faciliter davantage les procédures pour les investisseurs, surtout pour les investisseurs algériens», avait-il précisé.

Les tripartites se suivent et se ressemblent. On retrouve la même agitation du côté des travailleurs, un pouvoir d’achat qui reste en berne, une inflation et des prix qui augmentent. Cela alors que les précédents rendez-vous du genre étaient censés les avoirs réglés. Car, il faut rappeler que des milliards ont été «engloutis» ces dernières années par l’État pour répondre à ce front social en ébullition. Les fonctionnaires ont connu une augmentation de salaire massive avec des effets rétroactifs. La Fonction publique a vu son régime indemnitaire complètement revu, des statuts particuliers pour certains personnels de la Fonction publique ont été amendés,…

Le Snmg a été augmenté de 12.000 dinars en 2009 pour atteindre actuellement les 18.000 dinars. L’État a accordé des crédits avec des taux bonifiés aux jeunes entrepreneurs.

L’argent a coulé à flots pour calmer la fronde sociale. Mais au final, pour quel résultat? L’achat de la paix sociale pour une période éphémère. Cela ne débouche à aucune véritable solution. On augmente les salaires, mais l’inflation augmente plus vite, le pouvoir d’achat baisse encore plus et avec plus d’argent les citoyens vivent moins bien. Alors, c’est encore une fois la grogne sociale.

Néanmoins, si les problèmes sociaux se ressemblent, le contexte politique de cette année pourrait apporter du nouveau. Cette tripartite précède une année présidentielle, les autorités feront tout afin de calmer le jeu et mettre fin à ces mouvements de débrayage pour ne pas perturber la campagne électorale et par conséquent la présidentielle.

Des concessions pourraient être encore faites afin d’éteindre la braise. Surtout qu’on parle d’un «lifting» de l’Exécutif qui va amener du sang neuf pour «booster» l’action du gouvernement Sellal.

Toutefois, un élément pourrait tout perturber et envenimer encore plus la situation, à savoir la non-signature de la loi de finances complémentaires 2013 (LFC 2013). Elle qui accuse un retard de deux mois à cause de la convalescence du président de la République, Abdelaziz Bouteflika, doit impérativement être signée avant le 2 septembre prochain, date d’ouverture de la session d’automne du Parlement.

A défaut, elle pourrait être annulée. Ce texte, traditionnellement adopté par ordonnance entre les deux sessions du Parlement est impératif pour le fonctionnement du pays et de ses institutions. Il contient les dépenses supplémentaires décidées par le gouvernement et qui n’étaient pas inscrites dans la loi de finances 2013. Et dans un pays qui a entamé d’immenses chantiers, cette loi en instance pourrait les bloquer et ainsi retarder son développement. On cite entre autres, un secteur névralgique pour la paix sociale du pays, le logement. Beaucoup de ces projets attendent que des milliards supplémentaires leur soient injectés à travers la LFC 2013. Et si la LFC est bloquée, la livraison de ces logements également, alors le bouillonnement social pourrait déborder….

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