Ramdane Taazibt : «L’Algérie traverse une grave crise politique»

Ramdane Taazibt : «L’Algérie traverse une grave crise politique»

Ramdane Taazibt, candidat sur la liste du Parti des travailleurs à Alger, a affirmé lors d’un meeting tenu samedi à El Mohaamadia, que «l’Algérie traverse une grave crise politique. La politique en Algérie est devenue aujourd’hui un investissement financier qui sert une minorité aux gros intérêts.»

Pour Taazibt, «la politique est vendue aux plus offrants. Avec de l’argent, on achète aujourd’hui des députés, des institutions et même des ministres ! Sinon, comment expliquer la promulgation de lois qui ne servent absolument pas le citoyen ? Mais juste une minorité», a-t-il dénoncé. Selon lui, si l’Algérie fait un pas en avant et deux pas en arrière, c’est à cause de l’actuel système politique dont les décisions sont, d’après lui, contradictoires. «On s’engage à réduire les licences d’importation, d’une part, et on promet, d’autre part, à ne rien changer à l’Accord d’association avec l’UE. Un accord qui ne sert pas le pays mais dans lequel on persiste. Comment l’Algérie peut-elle défendre ses intérêts devant 27 pays européens ? Pourquoi ne pas stopper un accord qui nous fait perdre 7 milliards de dollars suite à la suppression tarifaire et qui a haussé la facture de nos importations de 08 à 27 milliards de dollars ?», relève-t-il. Pour lui, le pays n’est pas affecté par une crise financière. Il en veut pour preuve le rapport de la Cour des comptes faisant état de 120 milliards de dollars d’impôts non recouvrés, ce qui « suffira à faire vivre le pays pendant quatre ans sans puiser dans les recettes pétrolières ». Le candidat a également critiqué la réforme de la retraite : «Il a été plus facile pour le système politique actuel de supprimer la retraite anticipée pour renflouer les caisses de la Cnas que d’obliger les retardataires à payer ces impôts. Le pays dispose de financement, de richesses et de la main-d’œuvre. Pourquoi on n’avance pas ? Pourquoi les salaires et la Fonction publique sont gelés ? C’est le régime politique qui est en cause», pense-t-il. C’est également à cause de cette crise politique si la sécurité nationale s’en trouve menacée aujourd’hui, selon lui, et si l’Algérie est devenue une «vache laitière» pour beaucoup de pays. «L’Algérie est ciblée, à cause de ses richesses. Comment la défendre avec un système qui n’arrive pas à répondre aux aspirations du peuple ?», dit-il en s’engageant, dans le cas où le PT serait élu, à mettre un terme à cette crise politique. Dans son discours, le représentant du Pt a appelé, par ailleurs, les citoyens à ne pas adhérer à ceux qui veulent faire de l’amazighité une crise nationale. «Il n’y pas de crise. Tous les Algériens sont des amazighs et peu importe la langue dans laquelle ils s’expriment. En faisant de l’amazighité une crise, on veut toucher à l’unité nationale. Ne tombons pas dans ce piège ! Pour notre part, on s’opposera toujours à ceux qui veulent diviser la nation et séparer les Kabylie du reste du pays», soutient-il.