Production de DRI : l’Algérie décroche la 2e place régionale grâce à un pari industriel majeur

Production de DRI : l’Algérie décroche la 2e place régionale grâce à un pari industriel majeur
Fer pré-réduit

L’Algérie s’impose désormais comme un acteur incontournable du développement du fer pré-réduit (DRI) dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA). Grâce à des projets en cours dotés d’une capacité globale d’environ 5 millions de tonnes par an, le pays consolide sa position parmi les nations les plus engagées dans la transition vers une industrie sidérurgique à faibles émissions. C’est ce qui ressort d’un rapport de la plateforme Global Energy Monitor.

Selon ce document, l’Algérie se hisse au deuxième rang régional en matière d’extension des capacités de fer pré-réduit. Elle se place juste derrière la Libye, qui mène la danse avec une capacité de 11 millions de tonnes par an, et devance l’Égypte, troisième avec près de 3 millions de tonnes par an. Un podium qui témoigne d’une accélération notable de cette industrie verte dans la région.

Fer pré-réduit : La technologie de réduction directe au cœur de la transition

Ces projets reposent sur la technologie de la « réduction directe du fer » (DRI : direct reduced iron). Ce procédé permet de produire du fer spongieux d’une pureté exceptionnelle allant jusqu’à 98%, en utilisant des gaz réducteurs comme l’hydrogène et le monoxyde de carbone. Le produit est ensuite transformé en acier via des fours à arc électrique. Une méthode qui gagne du terrain à l’échelle internationale en raison de son rôle crucial dans la réduction des émissions de carbone.

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Le rapport souligne que le poids de l’Algérie dans ce secteur ne se limite pas aux volumes de production planifiés. Le pays dispose également d’atouts majeurs pour s’intégrer dans les chaînes d’approvisionnement mondiales. Le fer pré-réduit peut en effet être transporté après sa transformation en briquettes de fer chaud (HBI), offrant une flexibilité logistique bien supérieure à celle du fer produit par les hauts fourneaux traditionnels.

Sidérurgie en Algérie : cap sur l’acier vert et l’hydrogène

À l’instar de ses voisins régionaux, l’Algérie bénéficie de leviers stratégiques pour devenir un hub du marché de l’acier vert. Le déploiement massif des énergies renouvelables, notamment le solaire et l’éolien, devrait permettre de réduire les coûts de production et de soutenir efficacement la décarbonation industrielle.

À l’échelle mondiale, les capacités en cours de développement restent dominées par les hauts fourneaux à hauteur de 57% (soit 319 millions de tonnes par an), contre 43% pour la réduction directe (240 millions de tonnes par an). Toutefois, les experts prévoient une augmentation significative de cette seconde catégorie si les projets annoncés se concrétisent.

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L’intégration de l’hydrogène, en particulier l’hydrogène vert, dans les processus de réduction directe s’impose comme la tendance forte du secteur. Le rapport estime que près de 19% des futures capacités mondiales dépendront de cette ressource, marquant un tournant décisif vers une sidérurgie plus propre.