Ces dernières semaines, les étals des marchés algériens étaient en pleine ébullition. En cause ? Une flambée des prix des légumes jugée exorbitante, la tomate en tête, qui a atteint des sommets décourageant les bourses les plus modestes.
Face à cette situation, les citoyens n’ont pas caché leur mécontentement, certains allant jusqu’à appeler au boycott pour dénoncer une cherté devenue insupportable. C’est dans ce climat de tension que le gouvernement a décidé de prendre les devants.
Pour répondre à l’urgence et rassurer les consommateurs, une rencontre nationale d’envergure a été organisée ce lundi sous la coprésidence de Yacine Oualid, ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, et de Mme Amel Abdellatif, ministre du Commerce intérieur et de la Régulation du marché.
Ce conclave, dédié exclusivement à la filière tomate, a débouché sur une série de mesures concrètes visant à soutenir les acteurs du secteur, à garantir la disponibilité des produits et, surtout, à stabiliser durablement les prix sur le marché.
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Cette rencontre a réuni des cadres des deux ministères, le président de la Chambre nationale d’agriculture, ainsi que des producteurs et transformateurs venus de 31 wilayas. L’objectif était de dresser un état des lieux de la filière, d’analyser les défis actuels et d’explorer les pistes de développement.
Secteur de la tomate en Algérie : Un arsenal de réformes pour booster la production
Prenant la parole, le ministre de l’Agriculture a souligné la volonté des autorités publiques de mettre en œuvre une stratégie de coordination intersectorielle. Parmi les annonces phares, l’élaboration d’un nouveau décret exécutif destiné à simplifier l’obtention de la carte d’agriculteur et à élargir la base des investisseurs.
Yacine Oualid a également insisté sur l’importance de l’organisation des professionnels en coopératives agricoles pour accroître leurs capacités de commercialisation, tant au niveau local qu’à l’export. Sur le plan technique, des initiatives pour la production locale de semences hybrides seront lancées afin de réduire les coûts de production et la dépendance aux importations.
Le plan d’action prévoit aussi le développement de mécanismes de financement et d’assurance adaptés aux spécificités de la tomate, ainsi que la création, via l’Agence nationale de promotion de l’investissement (AAPI), de zones industrielles dédiées à la transformation agroalimentaire à travers le pays.
Sécurité alimentaire : Comment l’Algérie compte pérenniser sa production nationale de tomate
Le ministre s’est félicité de la dynamique positive de la filière ces dernières années, rappelant que l’Algérie a réussi à s’affranchir des importations, notamment pour la tomate industrielle. Une performance qu’il attribue au soutien constant de l’État et au savoir-faire des producteurs nationaux.
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De son côté, la ministre du Commerce intérieur et de la Régulation du marché a qualifié la filière tomate de « stratégique ». Elle a mis l’accent sur la nécessité de réguler le marché national, d’améliorer les circuits de distribution et de lutter fermement contre les pratiques illégales qui impactent les prix. L’objectif final reste d’assurer une fluidité d’approvisionnement, du producteur au consommateur, dans les meilleures conditions.
Crise de la tomate : Le gouvernement à l’écoute des agriculteurs pour lever les obstacles à la production
La rencontre a donné lieu à un débat riche où les professionnels ont pu exposer leurs préoccupations majeures :
- Accès au foncier agricole,
- Ressources en eau,
- Manque de main-d’œuvre,
- Financement,
- Défis climatiques
- et coût des intrants.
En conclusion, les deux membres du gouvernement ont réaffirmé que cette approche participative est essentielle pour pérenniser les acquis de la filière tomate et consolider son rôle pivot dans la stratégie globale de sécurité alimentaire du pays.
Crise de la tomate : Une accalmie qui commence à se faire sentir sur les marchés
Parallèlement à ces mesures gouvernementales, la situation sur le terrain amorce enfin une détente après une période de tensions extrêmes pour le portefeuille des ménages. Partout à travers le pays, la tendance est à la baisse : alors que les prix avaient culminé à des sommets dépassant les 300 DA/kg, la tomate s’affiche désormais entre 100 DA et 150 DA/kg selon les marchés et les régions.
Cette décrue s’explique principalement par un recul des prix de gros et une baisse mécanique de la demande, de nombreux consommateurs ayant réduit leurs achats face aux tarifs prohibitifs des dernières semaines.
Selon les professionnels du secteur, si la crise a été accentuée par des aléas climatiques sévères — notamment des vents violents ayant détruit des serres et des inondations perturbant l’approvisionnement — une normalisation complète est attendue pour le mois de juin. Avec l’arrivée massive des récoltes de saison, les commerçants espèrent voir les prix se stabiliser durablement autour de 60 à 100 DA/kg.
