L’horizon dégagé du Sahara algérien cache aujourd’hui une moisson qui s’annonce hors norme. Ce jeudi 14 mai, depuis les terres irriguées du périmètre agricole de Stah Ougrout, dans la wilaya de Timimoun, le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Yacine El-Mahdi Oualid, a donné le coup d’envoi d’une campagne moisson-battage placée sous le signe de l’abondance.
En effet, l’Algérie se prépare à engranger une moisson record de céréales pour la saison 2025-2026. Du blé dur, priorité nationale, aux autres variétés cultivées aussi bien au Nord qu’au Sud, tous les indicateurs verdissent.
Un bond de 50 % des surfaces cultivées à Timimoun, vitrine du renouveau agricole
Pour comprendre l’ampleur du mouvement, il faut poser les yeux sur la carte des périmètres stratégiques. La wilaya de Timimoun, autrefois perçue comme une terre sahélienne isolée, devient un laboratoire grandeur nature de la percée céréalière. Selon les déclarations du ministre reprises par l’APS, « la wilaya de Timimoun a connu une augmentation de la superficie cultivée de plus de 50 % par rapport à la saison précédente ». Un bond spectaculaire qui témoigne, selon ses propres termes, « du dynamisme et du développement que connaissent les cultures stratégiques dans cette wilaya ».
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À la clef, une production locale qui frôle les 700.000 quintaux de céréales, d’après le directeur de wilaya des services agricoles, Rafik Benmansour. Ces sacs de grain proviennent de 13.126 hectares répartis entre les trois piliers irrigués que sont Ougrout, Tinerkouk et Amguidène.
En outre, pour éviter les pertes post-récolte qui ont longtemps handicapé la filière, neuf centres de proximité de stockage, totalisant 45.000 tonnes de capacité, sortent désormais de terre à proximité immédiate des zones de culture.
300 moissonneuses-batteuses flambant neuves sur les rangs : la mécanisation en ordre de bataille
Par ailleurs, Yacine Oualid a confirmé la mise en service nationale de 300 moissonneuses-batteuses modernes de grande taille, fournies par la société Agrodiv.
Cela permettera de réduire les pertes de production et accélérer la cadence de la moisson, tout en offrant plus de confort aux agriculteurs. Ce renfort porte le parc total des moissonneuses à plus de 1.200 unités à l’échelle nationale, en additionnant les engins de l’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC).
Le ministre a également tenu à saluer le maillon la formation. Ce sont les centres de la Formation professionnelle qui, de concert avec les investisseurs, préparent les conducteurs de ces géants des champs. Un clin d’œil à la chaîne complète de la valeur, où l’humain reste au cœur du levier technique.
Électrification des périmètres : l’interconnexion nationale comme sésame vers 2027
Pour qu’une telle moisson devienne pérenne, il faut une colonne vertébrale énergétique. Là encore, Timimoun anticipe. Le directeur de wilaya de Sonelgaz – Distribution, Ahmed Benyoucef, a confirmé l’accompagnement total du secteur agricole en tant que pilier de la sécurité alimentaire.
D’ici 2027, après la mise en service du projet d’interconnexion nationale, « l’ensemble des périmètres agricoles seront alimentés en électricité ». Une promesse à haute tension, qui transformera durablement le potentiel de ces terres gagnées sur le désert.
La visite ministérielle s’est achevée sur le déplacement sur le site du projet de partenariat algéro-italien dans la zone agricole d’Amguidène.
