La visite du ministre français de la Justice, Gérald Darmanin, à Alger marque une nouvelle étape dans la relance du dialogue judiciaire entre l’Algérie et la France, sur fond de dossiers sensibles liés à la corruption, à la criminalité organisée et aux demandes d’extradition.
Depuis hier soir à la capitale, le garde des Sceaux français a été reçu par son homologue algérien, Lotfi Boudjemaâ, au siège du ministère de la Justice cet après-midi. Les deux parties ont tenu une réunion bilatérale élargie à leurs délégations respectives, en présence de représentants des ministères de la Justice et des Affaires étrangères. Cette rencontre a permis d’évaluer l’état de la coopération judiciaire entre les deux pays et d’explorer les voies de son renforcement.
Dans la continuité de ces échanges, des magistrats français accompagnant le ministre ont participé à une séance de travail avec leurs homologues algériens, consacrée aux mécanismes de coopération opérationnelle. Les discussions ont notamment porté sur les commissions rogatoires internationales, sujet ayant récemment suscité des critiques de la part du président Abdelmadjid Tebboune, qui avait pointé du doigt les lenteurs et insuffisances observées dans le traitement de certaines demandes adressées à la partie française.
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Sujets prioritaires des consultations
Plusieurs dossiers prioritaires figurent au cœur des consultations en cours. Selon des déclarations de l’ambassadeur de France en Algérie, Stéphane Romatet, à la chaine d’Algérie international AL24 News, les discussions portent en particulier sur « la récupération des biens acquis illicitement à l’étranger, les demandes d’extradition de responsables poursuivis par la justice algérienne, ainsi que la lutte contre la criminalité organisée« .
La question des avoirs issus de la corruption, considérée comme stratégique par Alger, devrait ainsi connaître une nouvelle dynamique à la faveur de cette visite. Le déplacement de Gérald Darmanin s’inscrit d’ailleurs dans une volonté politique affirmée de relancer la coopération bilatérale, sous l’impulsion du président français Emmanuel Macron.
Le ministre français est accompagné, à cet effet, de hauts responsables judiciaires, dont le procureur national financier et une magistrate spécialisée dans la lutte contre la criminalité organisée, signe de l’importance accordée à ces dossiers.
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Au-delà des affaires de corruption, les deux pays entendent également renforcer leur coordination dans « la lutte contre le trafic de stupéfiants et les réseaux criminels transnationaux », des enjeux sécuritaires majeurs partagés par Alger et Paris.
Tebboune reçoit Darmanin
Par ailleurs, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune a reçu, ce lundi, le ministre français de la Justice, en présence de plusieurs hauts responsables algériens, dont le ministre des Affaires étrangères, Ahmed Attaf. Cette audience au sommet témoigne de l’importance accordée à cette visite, qui pourrait ouvrir la voie à une coopération judiciaire plus efficace et mieux coordonnée entre les deux pays.
Alors que plusieurs dossiers restent en suspens et se caractérisent par leur complexité, Alger et Paris semblent désormais déterminés à dépasser les blocages pour avancer vers une collaboration plus étroite, au service de la justice et de la transparence.
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