C’est une séquence qui a choqué l’Algérie entière. À Marsat El Hadjadj (Oran), une enquête judiciaire et administrative a été lancée suite à la démolition du mausolée « Sidi Abdelkader », situé au cœur d’un cimetière pour enfants. Cet acte, documenté en direct sur les réseaux sociaux, soulève de graves questions sur la protection du patrimoine et l’influence de certains courants extrémistes.
L’affaire a pris une dimension nationale après la diffusion massive d’une vidéo montrant la destruction de l’édifice, accompagnée de commentaires virulents. Face à l’indignation générale, une commission mixte composée de la Gendarmerie nationale, de la Direction de la Culture et des Arts, ainsi que de la Direction des Affaires religieuses de la wilaya d’Oran s’est rendue sur les lieux.
يومية الخبر🇩🇿:
فتحت مصالح الدرك الوطني و مديرية الثقافة والفنون ومديرية الشؤون الدينية لولاية وهران، تحقيقا في قضية هدم الضريح المسمى سيدي عبد القادر، الذي يتوسط مقبرة لدفن الأطفال بمنطقة الحساسنة التابعة لبلدية مرسى الحجاج شرق ولاية وهران.وتنقل أعوان الدرك، حسب ما علمته… pic.twitter.com/65y5Fw9qez
— 🇩🇿 1.2.3 viva l’algerie (@vivalalgerie7) April 22, 2026
Expertise technique et enjeux politiques
Les enquêteurs, accompagnés d’experts du secteur de la culture, ont procédé à une constatation des dégâts dans la zone des « Hassasna ». Selon les informations recueillies par le quotidien El Khabar, l’enquête ne se limite pas aux dommages matériels mais cherche à déterminer les responsabilités administratives.
Les enquêteurs ont notamment auditionné le président de l’Assemblée Populaire Communale (APC) de Marsat El Hadjadj ainsi que plusieurs élus locaux. Afin de comprendre si cette démolition repose sur une décision officielle de la municipalité ou s’il s’agit d’un acte isolé commis sans aval légal.
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Patrimoine menacé par l’extrémisme idéologique
Ce qui inquiète particulièrement les autorités et la société civile, c’est le contexte idéologique entourant cet acte. La vidéo de la démolition a été largement relayée par des courants radicaux et takfiristes. Ces derniers, qui qualifient les visiteurs de mausolées de « Quburiyyin » (adorateurs de tombes), multiplient les appels à la destruction de ces édifices, considérés par eux comme contraires aux préceptes de l’Islam.
Dans ce contexte, la Direction de la Culture devra déterminer si le mausolée Sidi Abdelkader possédait une valeur patrimoniale protégée, tandis que la Direction des Affaires religieuses s’attelle à apaiser les tensions au sein de la communauté locale.
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Vers des sanctions fermes ?
L’intervention rapide des services centraux, alertés par la viralité des images sur le web, témoigne de la volonté de l’État de ne pas laisser ce type d’agissements impuni. En Algérie, la destruction de sites historiques ou cultuels est sévèrement sanctionnée par la loi, et les résultats de l’enquête de la Gendarmerie détermineront les suites pénales à donner à cette affaire qui secoue l’est oranais.
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