La lutte contre les marchés parallèles a été à l’ordre du jour des travaux de la réunion régionale entre les walis du centre, du sud et des Hauts-plateaux et le ministre de l’Intérieur, lequel a plaidé pour des marchés maîtrisables.
A l’occasion des travaux de la réunion régionale entre le ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, et les walis des wilayas du Centre, du Sud et des Hauts-Plateaux du Centre qui ont débuté hier au Palais des nations, Daho Ould Kablia a plaidé pour des espaces «maîtrisables» pour la résorption des marchés informels à travers l’ensemble des wilayas du pays. «Il faut songer, dès maintenant, au choix des sites, qui doivent être des espaces maîtrisables ne gênant ni les locataires, ni les commerçants, encore moins la circulation routière». Le ministre a, à cet effet, appelé les walis à recenser les espaces pouvant contenir ces marchés et à faire des propositions à ce sujet. Il a, en outre, estimé que les marchés de gros existants «ne répondent pas aux normes requises», révélant l’existence d’un projet de création d’un centre de logistique pour la formation d’un personnel spécialisé dans le management de ces marchés. Le ministre a exhorté les Assemblées populaires communales (APC) qui seront issues des élections locales du 29 novembre prochain à assumer «pleinement» leurs responsabilités en ce qui concerne la gestion des marchés, alors que les walis peuvent les accompagner dans cette opération. Selon le ministre, les wilayas du Sud bénéficieront d’un «programme exceptionnel» pour la réalisation de nombreuses infrastructures de base. Abordant les opérations d’éradication des marchés parallèles, le ministre a, par ailleurs, fait savoir que plus de 70 000 intervenants au niveau du secteur informel ont été recensés dans le cadre de l’opération nationale d’éradication des marchés informels. «Nous avons recensé 70 613 intervenants au niveau du secteur informel qui sont répartis selon deux catégories: la première regroupe des jeunes poussés par la nécessité à exercer une activité illégale pour assurer leur survie ainsi que de certains commerçants qui ont choisi de fermer leurs locaux commerciaux et créer des étals dans des espaces illégaux. D’autres, continuent à activer dans le circuit formel tout en exerçant une autre activité illégale», a souligné M. Ould Kablia. M. Ould Kablia a indiqué que des mesures ont été prises également pour la résorption du commerce informel et le renforcement des circuits de distribution, notamment à travers l’aménagement des marchés de proximité. Environ 14 milliards de dinars ont été dégagés par l’Etat pour prendre en charge les besoins du secteur du Commerce, notamment pour la mise en place de marchés de proximité, au titre du programme quinquennal 2010-2014, a-t-il précisé. Un programme de réhabilitation des marchés de gros et détail de fruits et légumes a été initié depuis 2007 avec une enveloppe financière de 6 milliards de DA. Selon le ministre, 534 marchés de proximité ont été déjà réalisés. Dans le cadre de l’opération des 100 locaux commerciaux par commune, 136 826 locaux ont été inscrits dans le programme de réalisation de ces infrastructures dont 115 258 ont été achevés et 13 571 en cours de réalisation. Il y a lieu de souligner enfin que la bataille entamée depuis plusieurs semaines, celle de l’éradication des marchés informels a encore de beaux jours devant elle, vu le jeu du chat et de la souris qui se joue entre les trabendistes et les agents de police chargés de libérer les lieux publics de l’anarchie de ce diktat.
Par Yasmine Ayadi
