Hausse inquiétante des importations, Le gouvernement en alerte

mardi 6 août 2013 à 21:04
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2012-douane_ph_jaafar_01_366922069.jpgLa tendance haussière des importations qui ont explosé cette année fragilise l’économie nationale dont la stratégie a montré ses limites. Une réunion de crise devra réunir aujourd’hui au siège du ministère des Finances plusieurs départements ministériels pour dégager des «propositions concrètes» à court terme afin de réguler les importations qui ont atteint durant le 1er semestre 2013 un montant de 28,35 milliards de dollars.

La stratégie de l’Algérie de recourir à des importations excessives pour réguler le marché national n’est pas sans conséquence sur la santé économique du pays.

Autrement dit, l’augmentation des dépenses d’importation pose à nouveau le problème de la gestion de l’économie nationale dont la stratégie a montré, outre mesure, ses limites. Le gouvernement, au lieu d’encourager l’investissement hors hydrocarbures notamment dans l’industrie et l’agriculture, a mis les banques au service et à la disposition des importateurs.

Ces derniers, épinglés par les services des Douanes pour nonrapatriement de devises, trouvent leur compte dans les importations qui certainement leur rapportent gros et affaiblissent par contre l’économie nationale et brisent le produit national.

Et pour faire face à une éventuelle crise qui pointe à l’horizon, plusieurs départements ministériels devront se réunir aujourd’hui au siège du ministère des Finances pour dégager des «propositions concrètes et applicables à court terme» susceptibles de réguler les importations algériennes, qui explosent d’année en année.

L’association des banques, les Douanes, les impôts, le ministère du Commerce, et d’autres administrations prendront part à la réunion de demain qui doit être couronnée par un rapport qui sera remis au Premier ministre vers la mi-août, a déclaré Abderrazak Trabelsi, délégué général de l’ABEF.

Les importations algériennes, qui devraient atteindre un pic historique de 60 milliards (mds) de dollars à la fin de l’année, contre 46,8 mds USD en 2012, augmentent en fait «trop vite», a averti Trabelsi. Le Premier ministre Abdelmalek Sellal, a appelé la semaine dernière le ministre des Finances à prendre les mesures nécessaires pour freiner les transferts illicites des devises vers l’étranger, notamment en renforçant le dispositif de détection des infractions de change.

L’Algérie a transféré durant les cinq premiers mois de l’année 30,448 milliards de dollars vers l’étranger, en hausse de 13,7% comparés à la même période de 2012 (26,76 mds de dollars) Le gouvernement a agi suite à un rapport conjoint du ministère des Finances et de la Banque d’Algérie sur les infractions de change, alertant sur la gravité de ce trafic qui affecte le commerce extérieur de l’Algérie.

Le rapport fait état également de 17,33 milliards de DA d’infractions de change (pénalités) constatées par les services des Douanes et les officiers de la police judiciaire en 2012.

Les réserves de change du pays s’élèvent à près de 200 milliards de dollars. Rien que pour l’année 2013, le volume des importations a déjà atteint un seul intolérable qui, selon des estimations, pourrait atteindre 61 milliards des dollars.

Cette augmentation est due à d’importantes hausses des achats des légumes secs (64,4%), les sucres (42%) et les céréales, semoules et farines (6,95%). Durant les cinq premiers mois de 2013, les importations de produits alimentaires se sont établies à 4,17 milliards de dollars.

Mieux, la facture alimentaire a enregistré une hausse de 15,6 % par rapport à la même période de l’année dernière, selon un bilan des Douanes. La facture des produits alimentaires, qui représente 17,7% de la structure des importations globales algériennes, s’est élevée cette année à 4,17 milliards de dollars, contre 3,61 milliards de dollars durant la même période en 2012.

Une hausse donc de 15,66 %. Il y a de quoi être inquiété, voire alarmiste, quand on sait que des produits alimentaires (agricoles et animaliers) existent et qu’on subventionne des importateurs pour inonder le marché national avec ces mêmes marchandises, parfois de mauvaise qualité.

Par ailleurs, le ministère des Finances vient de créer deux groupes de travail pour rationaliser les importations et lutter contre les infractions de change qui enregistrent ces dernières années des hausses fulgurantes, portant préjudice à l’économie nationale.

Le Premier ministre a instruit, dans une correspondance, le ministre des Finances, Karim Djoudi, à prendre toutes les mesures qu’il jugerait utiles en vue de renforcer le dispositif de contrôle et de détection des

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