Le 2 juillet 2026, le méthanier Tessala a accosté au terminal flottant de regazéification Wilhelmshaven 1, en Allemagne, avec à son bord une cargaison de gaz naturel liquéfié (GNL) qui restera dans les annales de Sonatrach.
C’est la première fois que le groupe énergétique algérien achemine directement du GNL vers le marché allemand, ouvrant ainsi un nouveau chapitre dans sa stratégie d’exportation et dans la géographie des approvisionnements gaziers européens.
Chargée au complexe de liquéfaction GL2Z de Bethioua, sur la côte ouest algérienne, cette cargaison n’est pas le fruit du hasard.
Elle traduit une orientation délibérée du groupe public, qui cherche depuis plusieurs années à élargir son portefeuille de clients au-delà de ses marchés traditionnels que sont la France, l’Espagne et l’Italie.
Sonatrach s’impose sur le marché allemand du GNL
L’Allemagne représente un débouché de premier ordre. Première économie d’Europe, elle absorbe à elle seule environ un quart des importations gazières du continent par gazoduc, soit 11,5 milliards de mètres cubes sur les quatre premiers mois de 2026.
Jusqu’ici, le gaz algérien y transitait principalement via le réseau interconnecté européen, sans livraison directe de GNL.
Avec cette opération, Sonatrach démontre sa flexibilité commerciale et sa capacité à saisir les opportunités sur des marchés à fort potentiel.
Le groupe algérien a par ailleurs indiqué vouloir pérenniser et développer ses exportations vers ce marché, sans se limiter à un coup d’essai ponctuel. La livraison du 2 juillet s’inscrit donc dans une logique de présence durable, et non dans une simple opération spot.

SONATRACH
Un partenariat algéro-allemand déjà bien ancré dans le gaz par gazoduc
Cette première cargaison de GNL intervient dans un contexte où les liens énergétiques entre Alger et Berlin se sont déjà considérablement renforcés ces derniers mois.
Depuis la fin 2024, le gaz algérien alimente officiellement le marché allemand via le gazoduc Transmed, qui relie l’Algérie à l’Italie avant de rejoindre les réseaux d’Europe centrale.
Le premier distributeur de gaz d’Allemagne, VNG, a d’ailleurs placé Sonatrach au rang de fournisseur incontournable, aux côtés de la Norvège.
Ulf Heitmüller, PDG de VNG, l’avait formulé sans ambiguïté : « Afin de garantir un haut niveau de sécurité d’approvisionnement, nous diversifions constamment nos sources de gaz.
Cette énergie provient principalement de Norvège et d’Algérie, et sous forme de GNL, par exemple, des États-Unis. » Une déclaration qui place l’Algérie au même niveau que le fournisseur historique de l’Europe du Nord.
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Sonatrach, pilier de la sécurité énergétique européenne en pleine recomposition
La percée sur le marché allemand s’inscrit dans une dynamique exportatrice plus large. Depuis le début de l’année 2026, les exportations algériennes de gaz vers l’Europe enchaînent quatre mois consécutifs de hausse, portées par la fiabilité des infrastructures algériennes face à l’instabilité de certains concurrents. Les livraisons par gazoduc vers l’Espagne ont progressé de 7 % entre janvier et avril 2026, et de 4 % vers l’Italie.
Sur le front du GNL, la montée en puissance est tout aussi nette. En mai 2026, les exportations algériennes de GNL ont atteint 1,04 million de tonnes, contre 0,70 million en avril. Ce rebond illustre la capacité de Sonatrach à mobiliser rapidement ses quatre complexes de liquéfaction, dont GL2Z à Bethioua, pour répondre aux signaux du marché.
Vers l’hydrogène vert : la prochaine frontière du partenariat algéro-allemand
Au-delà des hydrocarbures, la coopération entre Sonatrach et ses partenaires allemands embrasse déjà la transition énergétique. VNG et le groupe algérien travaillent conjointement sur des projets de production industrielle d’hydrogène vert en Algérie, dans le cadre du projet SoutH2 Corridor.
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Cette infrastructure vise à acheminer jusqu’à 1,2 million de tonnes d’hydrogène renouvelable produit sur le sol algérien vers l’Italie, l’Autriche et l’Allemagne, en réutilisant en partie les gazoducs existants.
La livraison du Tessala à Wilhelmshaven n’est donc pas qu’une opération commerciale. C’est le signal concret que Sonatrach entend occuper une place centrale dans l’architecture énergétique de l’Allemagne, aujourd’hui et demain.
