Selon les chiffres du ministère français des Transports, les liaisons aériennes entre la France et l’Algérie ont enregistré une affluence historique en 2025. Avec 5,4 millions de passagers recensés entre janvier et novembre, le trafic atteint des sommets, faisant fi du climat diplomatique actuel.
Cette performance représente une hausse de 6,4% sur un an et un bond de 32,6% par rapport à 2019. Ces chiffres confirment que la ligne France – Algérie est devenue un pilier incontournable du trafic aérien français. Ce succès repose sur la fidélité de la diaspora et la fréquence des voyages familiaux, soutenues par une offre de vols accrue, et ce, malgré les tarifs qui demeurent particulièrement élevés pour le secteur moyen-courrier.
La période estivale a marqué l’apogée de l’année avec une montée en puissance continue : 500 000 voyageurs en juin, 600 000 en juillet, pour atteindre un sommet à 700 000 en août. Fait notable, l’engouement ne s’est pas démenti à l’automne : le mois de novembre, d’ordinaire calme, a maintenu un flux important de 400 000 voyageurs s’envolant vers l’Algérie.
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Une concurrence limitée dominée par Air Algérie et Air France
Le flux aérien entre la France et l’Algérie est essentiellement porté par la diaspora et les binationaux, dont les déplacements réguliers (événements familiaux, congés) constituent le socle du marché. Contrairement à d’autres destinations méditerranéennes, le tourisme de loisirs y reste secondaire face aux « retours au pays ». Cette spécificité rend la demande peu élastique aux prix : le caractère essentiel et affectif du voyage pousse les passagers à maintenir leurs projets, même en cas de forte hausse tarifaire.
Avec un pic de 120 rotations par jour en haute saison, l’axe France-Algérie confirme sa place prépondérante dans le ciel français. Bien que le marché soit partagé entre un cercle restreint de compagnies (principalement le duo Air Algérie/Air France et les spécialistes Transavia/ASL), l’offre ne cesse de s’élargir. En 2025, des villes comme Perpignan, Lille, Saint-Étienne ou Toulon ont vu leur connectivité renforcée vers les grandes destinations algériennes (Béjaïa, Annaba, Tlemcen…), illustrant une volonté de mailler plus finement le territoire français pour répondre à la demande de proximité.
L’axe France-Algérie s’affirme comme un pilier économique majeur pour les deux nations. Ce dynamisme profite directement à l’ensemble des acteurs, à commencer par Air Algérie qui revendique pour 2025 8,7 millions de passagers, toutes les lignes confondues. Les compagnies françaises ne sont pas en reste, bénéficiant elles aussi de la rentabilité de cette route aérienne désormais incontournable en Méditerranée.
Une offre limitée et des billets chers
Le coût élevé des billets entre la France et l’Algérie s’explique par une offre structurellement inférieure à la demande et une concurrence restreinte. Air Algérie, en position de force sur les axes majeurs comme Paris, Marseille ou Lyon, ainsi que ses concurrents, maintiennent des tarifs premium. Cette situation est accentuée par la concentration des voyages de la diaspora sur des périodes clés (été, fêtes religieuses), où l’épuisement rapide des tarifs promotionnels et les réservations tardives font s’envoler les prix.
Pourquoi les prix restent-ils hauts ? Entre les taxes locales et une offre mal répartie sur l’année, les billets sont souvent inaccessibles en période estivale. Si les tarifs s’envolent de 400 à 600 euros durant l’été, la basse saison offre de réelles opportunités. En février, il est ainsi possible de dénicher des vols entre 100 et 130 euros. La clé pour briser les prix de cet axe reste la flexibilité et l’utilisation de moteurs de recherche spécialisés pour identifier les tarifs de base les plus bas.
Le trafic aérien France-Algérie reste imperméable aux crises politiques récurrentes. Bien que les deux capitales s’affrontent régulièrement sur le terrain de la coopération sécuritaire et des visas, les liaisons aériennes n’en subissent pas les conséquences structurelles. Avec un flux soutenu tout au long de l’année, cet axe démontre sa capacité à se maintenir en dehors des turbulences diplomatiques de court terme.
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