Voleurs amateurs ou génies du braquage? 7 mois après le casse du Louvre, le profil des suspects intrigue

Voleurs amateurs ou génies du braquage? 7 mois après le casse du Louvre, le profil des suspects intrigue
Sept mois après le casse du Louvre à 88 millions d’euros, les suspects intriguent toujours les enquêteurs. Profils inattendus, zones d’ombre et bijoux introuvables alimentent le mystère.

Neuf minutes montre en main. C’est le temps qu’il a fallu, en plein matin du 19 octobre dernier, pour que des cambrioleurs dépouillent le plus grand musée du monde, le Louvre, de ses mythiques joyaux de la Couronne. Montant du butin : 88 millions d’euros. Fascinée par ce coup d’éclat, la journaliste d’investigation Patricia Tourancheau publie Le Casse du Louvre (Éditions du Seuil), une plongée dans les coulisses de l’affaire.

Un an après le spectaculaire casse du Louvre, le mystère reste entier. Si quatre suspects de la région parisienne dorment aujourd’hui en prison, les questions s’accumulent : quel est le profil de ces hommes ? Le commando est-il au complet ? Qui a tiré les ficelles dans l’ombre et, surtout, où sont passés les 88 millions d’euros de bijoux ?

Pour tenter de répondre à ces questions, la journaliste française, Patricia Tourancheau, a mené une enquête sur les zones d’ombre d’un vol historique.

Un vol express en moins de 10 minutes

Le dimanche 19 octobre 2025, un commando de quatre malfaiteurs réalise le « casse du siècle » au musée du Louvre à Paris. En moins de dix minutes, profitant des rues désertes d’un matin d’automne, ils dérobent huit joyaux de la couronne de France exposés dans la galerie d’Apollon. Le butin est évalué à 88 millions d’euros, provoquant une onde de choc internationale et laissant présumer l’action d’une élite du grand banditisme.

Arrivés à bord d’un camion nacelle maquillé en véhicule de chantier, les braqueurs déploient une grande échelle contre la façade du musée sous l’œil de quelques témoins impuissants. Deux hommes montent à bord de la nacelle équipés de disqueuses et s’attaquent directement à une fenêtre du premier étage. Malgré le déclenchement des premières alarmes et la panique des agents de surveillance, les malfaiteurs pénètrent de force dans la galerie d’Apollon.

À l’intérieur, les voleurs fracassent le verre blindé des vitrines à l’aide de leurs disqueuses pour s’emparer des précieux bijoux. Face à la violence de l’intrusion, les gardiens ne peuvent intervenir à temps pour les stopper. Le commando redescend par la nacelle, récupère sa besace noire contenant le trésor, et prend la fuite en scooter vers l’est de Paris, croisant par un incroyable concours de circonstances une voiture de police qui circulait à contresens.

Les premières interpellations

Six jours après le braquage, la Brigade de répression du banditisme (BRB) interpelle en urgence deux suspects à Roissy et Aubervilliers, l’un d’eux s’apprêtant à fuir vers l’Algérie. Les profils de Ghelamallah A. et d’Abdoulaye N. surprennent les enquêteurs : loin du grand banditisme international, il s’agit de pères de famille de Seine-Saint-Denis, rapidement trahis par leurs traces ADN.

Lors des gardes à vue, Abdoulaye N. livre une version fantaisiste, affirmant avoir été recruté par de mystérieux commanditaires slaves pour une simple casse et ignorant qu’il s’attaquait au Louvre. Ghelamallah A. soutient une défense similaire, évoquant une manipulation par un autre commanditaire anonyme. Les policiers, très circonspects, surprennent ensuite une conversation clandestine entre les deux hommes dans leurs cellules, confirmant qu’ils ont accordé leurs versions à l’avance.

Les bijoux toujours introuvables

Par ailleurs, l’enquête permet de reconstituer les minutes qui ont suivi le vol grâce aux caméras de surveillance d’un parking d’Aubervilliers. On y découvre Abdoulaye N. et un complice manipulant sans précaution le diadème de l’impératrice Eugénie sur la selle d’un scooter, moins d’une heure après le casse. Cependant, lorsque la police investit ce box seize jours plus tard, le lieu est vide et les bijoux se sont volatilisés.

Pour retrouver le trésor, les enquêteurs reconstituent l’itinéraire d’une camionnette blanche utilisée comme véhicule relais par le reste du commando juste après le vol. En effet, le véhicule a été tracé traversant le périphérique parisien avant de s’enfoncer sur l’autoroute A13 vers la Normandie, pour finalement disparaître des radars dans la campagne du Vexin. Sept mois plus tard, si les quatre suspects sont sous les verrous, les joyaux demeurent introuvables.

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