Il cambriole un appartement et vole 5 milliards avec des clés « trouvées par terre »

Une question, posée calmement par les magistrats de la Cour d’Alger, a suffi à fissurer toute une ligne de défense : comment un jeune homme pouvait-il deviner qu’un trousseau ramassé au hasard, dans la rue, ouvrait précisément la porte d’un appartement situé dans une résidence fermée ? Le prévenu, un jeune de la vingtaine, n’a pas su répondre. Il comparaissait en appel pour un vol estimé à près de 5 milliards de centimes.
Les faits remontent à une nuit ordinaire dans cette résidence huppée dans un quartier à Ain Naâdja, à Alger. Le mis en cause s’est introduit dans le logement à une heure tardive, sans forcer la moindre serrure. Il est reparti avec des bijoux en or évalués à eux seuls à un milliard de centimes, auxquels s’ajoutent d’importantes liquidités en dinars et en monnaies étrangères.
Un vol à 5 milliards de centimes construit sur une version instable
Devant les enquêteurs, la première déclaration du jeune homme était pourtant limpide : il avait subtilisé les clés à une fillette qui jouait dans le quartier, la propre fille du plaignant. À la barre, le récit change du tout au tout. Le trousseau aurait été trouvé par terre, par pur hasard.
Ce revirement a nourri la conviction des parties adverses. Le dossier judiciaire retient la qualification de vol avec usage de fausses clés, aggravée par la circonstance de nuit. Une construction juridique qui pèse lourd et que l’avocat du prévenu a tenté de contourner en plaidant la jeunesse de son client, réclamant une peine assortie du sursis afin de lui offrir une chance de redressement.
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Les caméras et les témoins accablent le prévenu
L’enquête déclenchée après la plainte du propriétaire s’est appuyée sur deux piliers. D’abord les enregistrements de vidéosurveillance du quartier, ensuite les témoignages recueillis sur place. Le gardien de la résidence a affirmé avoir aperçu le jeune homme quitter les lieux le jour même des faits.
Plus embarrassant encore pour la défense : la directrice de la résidence a indiqué que le prévenu avait déjà opéré dans d’autres appartements du même ensemble immobilier. Une méthode éprouvée, toujours identique.
Une indemnisation paternelle qui alimente les soupçons
Le père du prévenu a restitué 2 milliards de centimes aux plaignants. Loin d’apaiser la partie civile, ce geste a produit l’effet inverse. Son conseil y a vu le signe d’un fonctionnement rodé, insinuant à la barre que le parent pourrait être complice de son fils. Comment expliquer autrement, s’est-il interrogé, qu’il dédommage systématiquement les victimes à chaque nouvel épisode ?
L’avocat a dressé le portrait d’un individu installé dans la délinquance, qui aurait échappé à l’incarcération à plusieurs reprises grâce aux interventions financières familiales. Avant la clôture des débats, il a sollicité une revalorisation des dommages et intérêts, de 3 à 5 millions de dinars.
Le verdict attendu après la mise en délibéré du dossier
Le parquet général a requis une aggravation de la sanction. La présidente d’audience a préféré mettre le dossier en délibéré, renvoyant le prononcé du jugement à une date ultérieure. En première instance, le tribunal de Hussein Dey avait retenu deux ans de prison ferme, décision contre laquelle l’intéressé s’est pourvu.
La Cour d’Alger devra donc arbitrer entre deux lectures opposées. D’un côté un parcours jugé irrécupérable, de l’autre un jeune majeur pour lequel la défense réclame une dernière chance.
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