Une employée condamnée pour avoir dérobé 3 milliards

Trois années de prison ferme : c’est la sanction prononcée par la chambre pénale de la Cour d’Alger à l’encontre d’une automobiliste quadragénaire, reconnue coupable d’avoir soustrait l’équivalent de 3 milliards de centimes dans le bureau de son employeur. Le préjudice mêlait des liquidités en dinars et en monnaies étrangères, toutes stockées dans les locaux d’un importateur de livres religieux et de Corans installé à Mohammadia, dans la capitale.
L’intéressée, placée sous mandat de dépôt à la prison de Koléa, a contesté jusqu’au bout les faits qui lui étaient reprochés. La juridiction d’appel a néanmoins retenu sa culpabilité au terme des débats, s’appuyant sur un faisceau d’indices matériels rassemblés par les enquêteurs.
Une empreinte et des caméras confondent l’auteure du vol de 3 milliards
Tout commence par la plainte d’un commerçant. De retour chez lui, l’homme constate que l’argent conservé dans son appartement du quartier de Mohammadia s’est volatilisé. Les services de sécurité ouvrent alors une enquête qui va rapidement s’orienter vers une piste précise.
Les techniciens relèvent une empreinte digitale appartenant à la mise en cause. Le visionnage des images captées par les caméras installées aux abords des lieux vient compléter le tableau et documenter le déroulement de la soustraction des fonds. Ces deux éléments constitueront l’ossature du dossier transmis à la justice.
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Neuf ans de collaboration avant le vol du bureau
À la barre, le plaignant a livré un récit détaillé. La prévenue collaborait avec lui depuis neuf années. À ce titre, elle connaissait parfaitement l’endroit où il entreposait ses économies. Un détail l’a marqué : après la découverte du vol, la première personne à l’avoir joint au téléphone n’était autre qu’elle, pour lui annoncer la nouvelle.
Interrogée sur l’identité du responsable, elle aurait alors pointé du doigt le propre fils de l’importateur. Une accusation que la victime a rejetée devant les magistrats. Le commerçant a également raconté que son employée se trouvait avec lui dans la pièce où dormait l’argent, juste avant qu’un appel d’un ami ne l’oblige à s’absenter.
Selon ses déclarations, une copie de la clé du bureau aurait été confectionnée à son insu. En inspectant les lieux après la disparition des fonds, il aurait par ailleurs mis la main sur une paire de lunettes de soleil appartenant à la prévenue, ainsi que sur des comprimés psychotropes. Il a demandé à la cour la restitution intégrale des sommes évaporées.
Une ligne de défense fondée sur la silhouette filmée
Face aux juges, la quadragénaire a tout nié en bloc. Elle affirme n’avoir joué aucun rôle dans la disparition de l’argent et soutient ne pas s’être rendue sur son lieu de travail le jour des faits. Son argumentation s’est concentrée sur les images de surveillance.
La silhouette apparaissant à l’écran serait celle d’une femme de grande taille et portant le voile, alors qu’elle-même se décrit comme petite et non voilée. Elle a aussi démenti consommer des substances psychotropes et réfuté toute reproduction de clé. Sa demande d’acquittement n’a pas convaincu la formation de jugement, qui a rendu son verdict après délibéré.
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