Voitures chinoises : en 8 mois, l’Algérie en a déjà importé plus que sur toute l’année 2025

La Chine a expédié 190 045 véhicules vers l’Algérie entre janvier et août 2026, selon des données chinoises relayées par la presse. C’est déjà plus que sur toute l’année 2025. Portées par les particuliers, ces importations placent l’Algérie au 10e rang mondial des destinations de l’automobile chinoise.
Les voitures chinoises s’imposent sur le marché algérien. En huit mois, l’Algérie est devenue l’une des dix premières destinations de l’automobile chinoise dans le monde. Les particuliers portent cette progression, à quelques semaines de nouvelles règles prévues pour 2027.
190 045 voitures exportées de Chine vers l’Algérie en huit mois
La Chine a expédié 190 045 véhicules vers l’Algérie de janvier à août 2026, selon des données chinoises relayées par la presse. L’Algérie se classe ainsi au 10e rang des destinations de l’automobile chinoise. Elle figure derrière la Russie, le Brésil, le Royaume-Uni ou encore l’Australie.
Ce chiffre s’inscrit dans une forte expansion de l’industrie automobile chinoise. Selon l’Administration générale des douanes de Chine, les exportations de véhicules ont atteint 7,45 millions d’unités sur la même période. Elles progressent de 51 % par rapport aux huit premiers mois de 2025.
Il s’agit toutefois d’exportations chinoises, et non du total des importations algériennes. Les deux chiffres peuvent différer, en raison des délais d’acheminement et de dédouanement. Seules les statistiques des douanes algériennes permettraient de mesurer la part de chaque pays d’origine.
Importation de voitures chinoises : une forte croissance depuis 2023
La hausse est spectaculaire depuis 2023. L’Algérie ne recevait qu’environ 20 000 véhicules chinois en 2023, et 30 000 en 2024, selon l’association européenne ECG. Ce volume a bondi à environ 180 000 véhicules en 2025.
La tendance s’est encore accélérée en 2026. Au premier semestre, l’Algérie a importé 143 012 véhicules de Chine, en hausse de 235,5 % sur un an. Ce chiffre émane de l’Association chinoise des voitures particulières (CPCA). Avec 190 045 véhicules de janvier à août, l’Algérie dépasse déjà le volume de toute l’année 2025.
L’association ECG, qui regroupe les professionnels européens de la logistique automobile, classe aussi l’Algérie au 10e rang au premier semestre. Ses chiffres, arrondis, reposent sur les données de destination des douanes chinoises. Les écarts entre sources restent donc à manier avec prudence.
| Période | Véhicules expédiés de Chine vers l’Algérie | Source |
|---|---|---|
| 2023 | environ 20 000 | ECG (douanes chinoises) |
| 2024 | environ 30 000 | ECG (douanes chinoises) |
| 2025 | environ 180 000 | ECG (douanes chinoises) |
| 1er semestre 2026 | 143 012 (+235,5 % sur un an) | CPCA |
| Janvier-août 2026 | 190 045 | Données chinoises relayées par la presse |
A LIRE AUSSI : Importations de véhicules de moins de 3 ans : l’État impose de nouvelles restrictions
Véhicules de moins de 3 ans : pourquoi les particuliers dominent les achats ?
Les particuliers assurent l’essentiel de ces importations, selon la CPCA. Ils peuvent passer par le régime des véhicules d’occasion de moins de trois ans, prévu par l’article 110 de la loi de finances 2020. Le décret exécutif n° 23-74 du 20 février 2023 en fixe les conditions de dédouanement et de contrôle de conformité.
Ce régime est réservé aux particuliers résidant en Algérie, à raison d’un véhicule tous les trois ans. L’âge du véhicule ne doit pas dépasser trois ans, entre sa première mise en circulation et sa déclaration en douane. Il doit fonctionner à l’essence, en hybride essence-électrique ou à l’électricité, ce qui exclut le diesel.
L’acheteur règle les droits et taxes exigibles, et finance l’opération avec ses propres devises. Le véhicule doit aussi être en bon état de marche, sans défaut majeur ni critique. Les groupes et les entreprises ne peuvent pas recourir à ce régime, a rappelé le ministère du Commerce.
Depuis la loi de finances 2025, ces véhicules ne peuvent pas être revendus pendant 36 mois après leur dédouanement. Une revente anticipée reste possible, mais suppose de rembourser tout ou partie de l’avantage fiscal obtenu. Le remboursement est total en cas de revente dans les 12 mois. Il passe à 66 % entre 12 et 24 mois, puis à 33 % entre 24 et 36 mois.
Les Algériens de l’étranger qui rentrent définitivement disposent, eux, du régime du changement de résidence. Depuis la loi de finances 2026, ce certificat de changement de résidence (CCR) admet les véhicules neufs ou âgés de moins de cinq ans. Il ne peut être utilisé qu’une seule fois dans la vie, par foyer.
La part des concessionnaires agréés dans ces importations n’est pas connue. Aucune source officielle ne détaille, à ce stade, la répartition entre professionnels et particuliers. Cette donnée permettrait pourtant de mesurer le poids réel des achats individuels.
Geely, MG, Chery : les marques chinoises qui séduisent les Algériens
Plusieurs marques chinoises dominent ces importations, selon des données douanières relayées par la presse algérienne. Geely, MG, GAC, Livan, Roewe et Chery figurent parmi les plus présentes. La Geely Coolray et la MG5 comptent parmi les modèles les plus courants.
Des marques européennes profitent aussi de ce mouvement, avec des modèles produits en Chine. C’est notamment le cas de plusieurs Volkswagen, comme la Tharu, le T-Cross ou le T-Roc. Les véhicules hybrides et électriques complètent désormais l’offre importée.
Côté production locale, l’offre se fait encore attendre. La commercialisation de la Fiat Grande Panda, assemblée à Tafraoui, n’a pas encore débuté, a précisé Fiat El Djazaïr le 15 octobre. La marque annoncera la date et les modalités de vente uniquement par ses canaux officiels.
A LIRE AUSSI : Voiture importée en Algérie : quels documents fournir pour obtenir sa carte grise ?
Pièces, garantie, service après-vente : ce qu’il faut vérifier
Pour les acheteurs, cette vague d’importations élargit l’offre de véhicules disponibles. Elle soulève toutefois des questions pratiques, sur les pièces de rechange et le service après-vente. La garantie d’un véhicule importé par un particulier peut aussi différer de celle proposée par un concessionnaire.
Avant tout achat, il est recommandé de vérifier la présence d’un représentant de la marque en Algérie. La disponibilité des pièces et l’existence d’un atelier agréé comptent aussi. Renseignez-vous auprès des Douanes, des services des mines et du représentant de la marque, afin d’éviter toute mauvaise surprise.
Importation de voitures en Algérie : ce qui pourrait changer en 2027
Les règles d’importation pourraient encore évoluer en 2027. Le projet de loi de finances 2027 porte à 20 000 DA la redevance due pour chaque opération de CCR. Elle était jusqu’ici fixée à l’équivalent en devises de 1 000 DA.
Le texte crée aussi une taxe forfaitaire unique de 60 %. Elle s’appliquera à la valeur des biens qui dépassent les plafonds d’exonération du CCR. Ces plafonds atteignent notamment 10 millions de dinars pour la plupart des bénéficiaires. Cette taxe remplacera le calcul des droits et taxes article par article, jugé lent et complexe par le gouvernement.
Le texte poursuit son parcours parlementaire, et ses dispositions peuvent encore évoluer. Les règles actuelles restent applicables tant que la loi n’est pas entrée en vigueur. Il est recommandé de vérifier les conditions auprès des Douanes avant toute démarche, afin d’éviter toute confusion.
A LIRE AUSSI : Carburants 2027 : Lebbou clarifie le PLF






