Vocation et passion du métier n’ont plus droit de cité Emploi : désormais seul le gain compte

Vocation et passion du métier n’ont plus droit de cité Emploi : désormais seul le gain compte
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Même ceux qui ont déjà des emplois dans des sociétés ou administrations publiques ou privées continuent de postuler à toute offre d’embauche, susceptible d’être plus rentable, annoncée dans la presse ou les sites spécialisés. Ils envoient leur CV et lettre de motivation, attendent d’être contactés et s’absentent de leurs emplois pour aller subir des entretiens d’embauche.

Ils trouvent toujours des justifications, soit par de certificats médicaux ou en invoquant des soucis familiaux. C’est dire que ces jeunes employés se considèrent toujours en situation non permanente et le poste occupé n’est, en fait, qu’un moyen de rester actif en attendant mieux.

Et ils ne ratent aucune opportunité qui pourrait leur être «bénéfique», puisque la consultation des annonces de recrutement dans les divers organes de la presse nationale et les sites spécialisés est devenue, pour eux, un réflexe systématique.

Selon plusieurs jeunes employés, la première chose qu’ils font au début de la journée consiste à «jeter un œil sur les nouvelles offres de recrutement», notamment dans les grandes compagnies privées et étrangères. Et le diplôme ? Cet élément n’a aucune importance pour les concernés, puisque le souci majeur est d’«encaisser» plus d’argent à la fin du mois. A quoi cela sert-il que je travaille avec mon diplôme dans une société nationale pour un salaire de misère ? J’avoue que ma situation s’est beaucoup améliorée depuis que j’ai opté pour une entreprise privée, même en exerçant un emploi sans relation directe avec ma formation.

J’épargne de l’argent afin d’engager mon propre projet à l’avenir», témoigne Omar, 37 ans, chauffeur-démarcheur dans une entreprise de boissons gazeuses. «J’ai passé plus de dix ans en tant que comptable dans une entreprise publique, avec un salaire de misère et aucune bonne perspective. Je me rappelle que je n’ai jamais réussi à joindre les deux bouts pendant toute cette période.

Il y a d’autres comptables qui croient toujours en la carrière professionnelle et la vocation. Pour moi, ce ne sont que des illusions et il faut plutôt être pragmatique afin de mieux gagner sa vie», ajoute notre interlocuteur. Smaïl est un autre cas qui illustre bien cette nouvelle tendance des jeunes Algériens appâtés par le gain, ignorant la notion de la spécialité et de la carrière professionnelle.

«Je travaillais pendant trois années en tant qu’enseignant d’anglais dans un CEM, je me suis rendu compte que ce métier ne peut mener à une vie décente. J’ai donc décidé de chercher un autre créneau plus rentable. J’ai envoyé, sans cesse, mon CV aux entreprises pétrolières jusqu’à l’obtention d’un poste. Dieu merci, tout se passe bien pour moi», affirme-t-il, heureux. «J’ai toujours rêvé d’exercer dans l’enseignement, mais ce métier n’est pas du tout rentable dans notre pays.

Mais je souhaite épargner une grosse somme d’argent pour me me permettre d’ouvrir ma propre école», dit encore notre interlocuteur. Le pragmatisme et l’esprit de l’enrichissement ont, donc, pris les dessus sur toute autre considération.

M.F