Troisième visite d’un ministre français en Algérie en perspective du déplacement de François Hollande à la fin de l’année.
Nicole Bricq, la ministre française du Commerce extérieur, fera le déplacement accompagnée d’une délégation d’hommes d’affaires avec comme objectif de relancer la coopération bilatérale. La ministre française débute aujourd’hui son séjour. Elle arrive accompagnée de plusieurs dirigeants de PME françaises et se fixe pour objectif de «dessiner les contours d’un renouveau du partenariat économique global entre nos deux pays». Un partenariat qui, de l’avis des spécialistes, reste en deçà des ambitions. Des deux côtés de la rive méditerranéenne, les discours appellent souvent à la redynamisation des échanges mais les chiffres restent têtus : la balance économique reste défavorable à l’Algérie. La France est le premier fournisseur de l’Algérie avec 6 milliards de dollars, et son quatrième client avec 4,5 milliards de dollars en 2010, selon les chiffres des Douanes algériennes. La France est également le deuxième investisseur en Algérie et premier hors hydrocarbures mais des reproches sont souvent faits à la partie française. Récemment, le ministre du Commerce affirmait que l’Algérie avait besoin de partenaires durables pour l’accompagner dans son processus pour la construction d’une économie forte et productive, hors hydrocarbures. Il a plaidé pour «un partenariat qui doit passer du cadre commercial à celui d’un véritable transfert de savoir-faire et de technologies». Des doléances qui seront transmises à son homologue français et qui ont souvent été au centre des discussions bilatérales. Aux entreprises françaises qui réclament régulièrement un cadre juridique stable flexible pour améliorer le climat des affaires entre les opérateurs des deux pays, la partie algérienne a toujours répondu que le cadre global était propice aux investissements, appelant les opérateurs français à se départir de leur frilosité. Les exportations vers l’Algérie sont réparties en cinq postes principaux : les biens d’équipement, l’industrie automobile, l’agroalimentaire, les biens de consommation, les biens intermédiaires. Ce sont les véhicules automobiles qui constituent les premiers produits exportés (16%), devant les produits pharmaceutiques (11%), les produits laitiers, les céréales et les équipements pour automobiles. Au niveau des investissements, les hydrocarbures viennent en tête et représentent 1,5 milliard de dollars avec des entreprises comme Total FinaElf et Gaz de France suivi des secteurs comme la pharmacie, la chimie (Henkel France dans les détergents), les transports, l’agroalimentaire ou encore la banque. L’Algérie est néanmoins en attente d’engagements plus grands notamment dans l’industrie automobile. Le dossier Renault toujours en suspens fera certainement partie des sujets qui seront évoqués aujourd’hui et demain.
Nawal Imès
