Les déclarations de l’ambassadeur de France à Alger sur le retour à 250 000 visas annuels pour les ressortissants algériens a immédiatement fait réagir la droite et l’extrême droite. Fixant une ligne rouge, Bruno Retailleau conditionne désormais ces titres à la libération du journaliste Christophe Gleizes. Une escalade politique que le Quai d’Orsay tente désespérément de freiner en démentant tout objectif chiffré.
En ouvrant la porte à un retour aux quotas d’avant-crise (250 000 visas par an), l’ambassadeur de France en Algérie, Stéphane Romatet, a provoqué un tollé. À droite et au Rassemblement national, on crie déjà à la « capitulation » face à Alger. Une formule qui a poussé le Quai d’Orsay à éteindre l’incendie en urgence samedi, niant fermement tout objectif chiffré.
Stéphane Romatet avait rappelé qu’avant la crise politique avec Alger, Paris délivrait « à peu près 250.000 » visas par an. « Ce chiffre a chuté et notre objectif, c’est de faire en sorte que ce chiffre puisse redémarrer à la hausse et revenir probablement au niveau qui était celui antérieur à la crise », avait-il déclaré.
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Le Quai d’Orsay recadre les déclarations de l’ambassadeur
En réponse au tollé, le ministère français des Affaires étrangères a fait machine arrière. Le Quai d’Orsay assure que si la relance des relations avec Alger est bien engagée, elle reste guidée par les « seuls intérêts de la France ». Le communiqué insiste sur un point clé : le dossier des visas n’est pas au cœur des échanges actuels, et aucun objectif chiffré n’a été validé.
Si le Quai d’Orsay recadre la portée officielle de ces déclarations, il ne contredit pas pour autant la réalité des chiffres. Avant que les relations bilatérales ne s’enveniment, la France accordait bien près de 250 000 visas par an aux ressortissants algériens, selon les données publiques disponibles sur le site du ministère de l’Intérieur.
Ce flux s’est effondré durant les deux années de crise diplomatique, rythmées par le rappel de l’ambassadeur français et la réduction drastique des effectifs consulaires.
« Il n’y a pas d’objectif chiffré »
Invité sur le plateau de LCI, le ministre délégué chargé de l’Europe, Benjamin Haddad, s’est voulu catégorique : « Il n’y a pas d’objectif numérique, de quota ou de trajectoire sur la question des visas qui soit discutée« . Le ministre a rappelé que la seule « boussole » de la diplomatie française reste « la défense des intérêts de la France ».
Parmi les priorités, il énumère « la question migratoire, la question sécuritaire, la question de la lutte contre le narcotrafic », mais aussi le cas de Christophe Gleizes, le journaliste français emprisonné en Algérie depuis plus de deux ans. « C’est avec ces exigences, de façon très claire, que nous abordons cette relation avec l’Algérie », a-t-il précisé.
Pour l’heure, le dialogue se poursuit avec Alger dans une « dynamique de réengagement », confie une source au sein du Quai d’Orsay, citée par TF1. Cette relance exclut pour le moment la question des visas, qui sera abordée ultérieurement de façon « pragmatique » et surtout « réversible », a insisté Benjamin Haddad. Le ministre délégué a prévenu que tout progrès sera « conditionné à des résultats très concrets » : « Et ce n’est qu’en fonction des résultats que nous avancerons ou pas dans une direction ».
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