Visa pour les États-Unis : Washington revoit sa carte consulaire en Afrique, l’Algérie concernée ?

Visa pour les États-Unis : Washington revoit sa carte consulaire en Afrique, l’Algérie concernée ?
Washington prépare une vaste réorganisation de ses services consulaires en Afrique. Conséquence : l’accès au visa américain pourrait devenir plus difficile pour de nombreux demandeurs.

Obtenir un visa pour les États-Unis depuis l’Algérie va devenir un véritable parcours du combattant. L’administration américaine s’apprête à fermer les services consulaires de dizaines d’ambassades en Afrique, et Alger ne figure pas sur la liste restreinte des 20 hubs maintenus. Résultat : les demandeurs algériens devront bientôt se rendre dans un autre pays, à leurs frais, pour espérer décrocher le précieux sésame.

Dès ce mois de juin, le nombre d’ambassades et de consulats américains délivrant des visas en Afrique va basculer de près de 50 à seulement 20. Cette restructuration imminente, dont le calendrier précis reste à confirmer, a été révélée par l’Associated Press via une note interne et les témoignages anonymes de trois responsables américains.

Cette décision reflète la ligne dure de l’administration Trump en matière de politique migratoire. En ciblant à la fois les visas de court séjour et d’immigration, Washington cherche non seulement à restreindre l’accès au territoire américain, mais aussi à freiner les dépassements de visas temporaires. Cette stratégie s’accompagne d’une réduction globale des effectifs diplomatiques américains à l’échelle mondiale.

Les États-Unis veulent réduire le nombre d’ambassades en Afrique habilités à traiter les visas pour les étrangers

Selon une note de service, une directive approuvée la semaine dernière par le secrétaire d’État Marco Rubio prévoit que le département d’État réduira ses opérations consulaires dans tous les pays africains, à l’exception de 20 « centres importants ».

L’accès aux visas américains était déjà un parcours du combattant en Afrique. En effet, entre les interdictions de voyager ciblant certains pays, l’exigence d’une caution exorbitante pouvant atteindre 15 000 dollars pour introduire une demande, et les récentes restrictions sanitaires liées à l’épidémie d’Ebola, le traitement des dossiers tournait déjà au ralenti.

Conséquence directe de ces nouvelles règles : les citoyens des pays exclus de la liste devront voyager jusqu’à l’un des 20 sites agréés pour leurs démarches. Un déplacement synonyme de complications logistiques et de coûts financiers exorbitants.

Des services consulaires limités

En revanche, les consulats des pays exclus du dispositif ne fermeront pas totalement leurs portes, mais fonctionneront au ralenti. Leurs services seront restreints à l’assistance d’urgence et au renouvellement des passeports pour les citoyens américains, ainsi qu’au traitement exceptionnel des visas diplomatiques ou des dossiers relevant de l’intérêt national.

Sans répondre aux questions précises soulevées par la note de service, le département d’État s’est fendu d’une réponse convenue : l’institution « évalue constamment ses opérations à l’étranger » pour s’assurer que l’argent des contribuables serve au mieux et le plus efficacement possible les priorités américaines.

En clair, cette réorganisation impose un système de visas aux exigences sécuritaires maximales. L’objectif est d’ajuster strictement le personnel et les moyens logistiques sur le terrain en fonction des stricts intérêts nationaux des États-Unis.

D’après le document, les 20 pôles consulaires maintenus en activité sont répartis à travers le continent :

  • Afrique de l’Ouest : Abidjan (Côte d’Ivoire), Accra (Ghana), Dakar (Sénégal), Lagos (Nigéria), Lomé (Togo), Monrovia (Libéria) et Praia (Cap-Vert).
  • Afrique de l’Est et Corne : Addis-Abeba (Éthiopie), Dar-Es-Salaam (Tanzanie), Djibouti (Djibouti), Kampala (Ouganda), Kigali (Rwanda) et Nairobi (Kenya).
  • Océan Indien et Afrique australe : Le Cap et Johannesbourg (Afrique du Sud), ainsi que Port-Louis (Maurice).
  • Afrique centrale : Kinshasa (Congo), Luanda (Ansolas), Malabo (Guinée équatoriale) et Yaoundé (Cameroun).

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