Visa France : 2 dossiers sur 3 acceptés, délai de 1 à 2 mois… les 6 points de l’ex-consul à Alger

Deux tiers de dossiers acceptés, un à deux mois de traitement, des rendez-vous rares et des faux documents qui plombent les demandes : l’ancien consul général de France à Alger, Bruno Clerc, a dressé son bilan du dossier visas dans un entretien diffusé par la chaîne algérienne One TV. Voici les six points à retenir avant de déposer une demande. Ceux-ci sont confrontés aux règles et aux chiffres officiels.
Un bilan de fin de mission
Bruno Clerc ne s’exprime plus en tant que consul en poste. Par un décret du 27 juillet 2026, publié au Journal officiel de la République française du 29 juillet, Didier Chabert a été nommé consul général de France à Alger en remplacement de Bruno Clerc. Selon la presse algérienne, le nouveau consul général a pris ses fonctions le dimanche 6 septembre 2026. De plus, son prédécesseur part à la retraite après trois années passées à la tête du consulat d’Alger.
Ses propos, tenus sur One TV, relèvent donc du bilan d’un diplomate sortant. Ils ne constituent pas une annonce du consulat.
Les 6 points à retenir
1. Deux tiers d’acceptation, selon l’ex-consul
Interrogé sur la proportion de réponses favorables, Bruno Clerc a avancé une estimation : « deux tiers d’acceptation, un tiers de refus ». Il a ajouté que « chaque dossier est regardé de façon individuelle ». Il s’agit d’une estimation orale, pas d’une statistique officielle.
2. Un délai de réponse d’un à deux mois
Sur la durée de traitement, l’ancien consul a évoqué un délai raisonnable de délivrance compris « entre un mois et deux mois » au maximum. Les consignes officielles publiées sur France-Visas vont dans le même sens :
- court séjour : déposer son dossier au moins un mois avant la date de départ prévue ;
- long séjour : prévoir un mois entre le dépôt et le départ.
3. Des rendez-vous rares
Pour Bruno Clerc, la difficulté à décrocher un créneau tient au nombre de demandeurs et aux effectifs disponibles pour traiter les dossiers. Il affirme aussi qu’un dispositif mis en place avec le prestataire Capago empêche désormais les agences de réserver des rendez-vous à la place des demandeurs pour les revendre.
Côté règles, France-Visas indique :
- le délai habituel pour obtenir un rendez-vous est d’environ un mois, et peut s’allonger de juin à novembre ;
- une fois le créneau attribué, il doit être confirmé en réglant les frais de service en ligne dans un délai de trois jours, faute de quoi il est automatiquement annulé.
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4. Les faux documents, « la vraie difficulté »
L’ancien consul désigne les pièces falsifiées glissées dans les dossiers comme le principal obstacle à leur examen. De son côté, France-Visas rappelle que les dossiers incomplets ou non conformes aux exigences sont refusés.
5. Les intermédiaires à éviter
Bruno Clerc présente la lutte contre les « officines », ces agences qui promettent rendez-vous ou visas contre rémunération, comme sa priorité durant sa mission. Pour rappel, selon France-Visas, les demandes déposées en Algérie sont instruites par les consulats généraux de France à Alger, Annaba et Oran. Ces consulats sont seuls habilités à décider. De plus, le prestataire se charge de l’accueil, de la réception des dossiers et de la prise des données biométriques.
6. Des frais perdus en cas de refus
C’est un point que beaucoup de demandeurs découvrent trop tard. Selon France-Visas :
- les frais de dossier perçus par l’administration française sont conservés même en cas de refus ;
- les frais de service de base de Capago, l’équivalent de 29 euros en monnaie locale par dossier, ne sont pas remboursables, sauf cas exceptionnel ;
- en cas d’absence au rendez-vous, les frais de service prépayés sont également perdus.
D’après le barème officiel, les droits de visa Schengen s’élèvent à 90 euros au plein tarif et à 45 euros pour les enfants de 6 à moins de 12 ans. En Algérie, ils sont payés en dinars. Le montant dépend du taux de chancellerie en vigueur.
Les chiffres officiels : 204 243 visas pour les Algériens en 2025
Les statistiques de la Direction générale des étrangers en France (DGEF), publiées le 30 juin 2026, donnent la mesure de la tendance. Selon la DGEF, les ressortissants algériens ont obtenu 204 243 visas français en 2025, contre 250 085 en 2024. Il y a donc une baisse de 18,3 %. L’Algérie recule ainsi au quatrième rang des nationalités bénéficiaires.
- Répartition : 185 871 visas de court séjour et 18 371 visas de long séjour.
- Motifs des visas de long séjour accordés aux Algériens : études et stages 48,7 %, motif familial 28,8 %, motif économique 9,4 %, motifs divers 13,1 %.
- Toutes nationalités confondues : la France a enregistré 3 524 108 demandes, 541 984 refus et 2 958 607 visas délivrés en 2025.
La note de la DGEF ne détaille pas de taux de refus par nationalité. L’estimation de « deux tiers d’acceptation » avancée par Bruno Clerc ne peut donc pas être confrontée directement à ces chiffres.
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Pièces, biométrie, centres : ce que disent France-Visas et Capago
Au-delà des déclarations de l’ancien consul, plusieurs règles officielles méritent d’être connues avant de se présenter au centre de dépôt :
- Centres Capago : Alger (Mohammadia), Oran, Annaba et Constantine, selon la circonscription de résidence du demandeur.
- Dépôt en service standard : du dimanche au jeudi, de 9h00 à 12h00 et de 13h00 à 17h00. Les centres sont fermés le vendredi et le samedi.
- Biométrie : le demandeur doit se présenter en personne pour la photo et les empreintes. Les enfants de moins de 12 ans en sont dispensés, mais doivent être présents au rendez-vous.
- Enfant né en France et âgé de moins de cinq ans : la demande doit comporter une attestation de non-dette de l’établissement hospitalier de naissance, faute de quoi le visa est refusé.
- Étudiants (visa de long séjour) : un minimum de ressources de 615 euros par mois est exigé.
Capago a par ailleurs durci ses règles ces derniers mois :
- l’accès aux centres est réservé aux personnes munies de leur confirmation de rendez-vous ;
- lors de la réservation, il faut distinguer primo-demande et renouvellement, sous peine d’annulation du passage.
Les pièces exigées et les délais pouvant évoluer, il est recommandé de vérifier sur France-Visas et auprès du centre Capago compétent avant toute démarche, afin d’éviter toute confusion.
En pratique
- Qui est concerné : les demandeurs résidant en Algérie. Le centre compétent dépend de la circonscription : Alger, Oran, ou Annaba et Constantine.
- Quand déposer : au moins un mois avant le départ pour un court séjour, et davantage entre juin et novembre.
- Démarche :
- remplir le formulaire en ligne sur France-Visas ;
- réserver un rendez-vous sur le site de Capago (fr-dz.capago.eu) ;
- régler les frais de service sous trois jours pour valider le créneau ;
- se présenter au plus tard 15 minutes avant l’heure prévue, avec un dossier complet classé dans l’ordre de la liste officielle ;
- donner ses empreintes et sa photo sur place ;
- suivre son dossier sur le portail Capago : un SMS et un courriel signalent que le passeport est prêt.
- Montants : 90 euros (plein tarif) ou 45 euros (enfant de 6 à moins de 12 ans), payés en dinars, plus l’équivalent d’environ 29 euros de frais de service. Aucun de ces montants n’est remboursé en cas de refus.
- Contact Capago : infofrance-dz@capago.eu ou (+213) 0982 300 200, du dimanche au jeudi de 8h00 à 18h00.
- Prudence : ne jamais passer par un intermédiaire qui promet un rendez-vous ou un visa. La décision appartient aux seuls consulats.
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