La violence commise sur les enfants prend une ampleur préoccupante en Algérie. Agressions sexuelles, coups et blessures, abus psychologiques, négligence ou brutalité répétée : ces formes de maltraitance touchent des enfants en raison de leur vulnérabilité et de leur incapacité à se défendre. Longtemps relégué au silence, ce phénomène suscite aujourd’hui une inquiétude croissante chez les professionnels de la santé et de la protection de l’enfance.
Le professeur Rachid Belhadj, chef de service de médecine légale au CHU Mustapha d’Alger, a récemment levé le voile sur des chiffres particulièrement alarmants. Dans une déclaration accordée à Ennahar TV, il a indiqué que son service enregistre entre 320 et 334 cas de violences sexuelles sur des enfants mineurs chaque année, et ce, uniquement au niveau de cet hôpital.
Ces données ne représentent donc qu’une partie de la réalité nationale, beaucoup de cas n’étant pas signalés ou pris en charge par les structures spécialisées. Ce constat met en évidence l’ampleur du problème et la nécessité d’une mobilisation plus large.
Les principales formes de violence subies par les mineurs
Selon le Pr Belhadj, les accidents de la route constituent la première cause de traumatismes graves chez les enfants. Viennent ensuite les coups et blessures volontaires, souvent commis dans le cadre familial ou dans l’environnement proche de l’enfant. L’école n’est pas épargnée, puisque certains mineurs y subissent également des formes de violence physique ou psychologique.
Le médecin légiste souligne également l’impact des conflits conjugaux sur les enfants. Dans certains cas de divorce, l’enfant devient un moyen de pression ou un enjeu juridique entre les parents, ce qui l’expose à une grande détresse émotionnelle.
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Des conséquences lourdes et durables sur la santé des enfants
Les spécialistes alertent sur les effets à long terme de ces violences. D’après l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les traumatismes subis durant l’enfance peuvent perturber durablement le développement du cerveau et du système nerveux.
Les enfants victimes de maltraitance sont davantage exposés à des troubles psychologiques tels que l’anxiété, la dépression ou des troubles du comportement. Ils rencontrent souvent des difficultés scolaires et peuvent, à l’adolescence, faire face à des situations sociales fragiles, comme l’exclusion, l’instabilité ou la précarité. Dans certains cas, les violences physiques entraînent des handicaps durables, aggravant les risques de marginalisation.
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Une prise en charge médicale et psychologique en cours de renforcement
Face à ce fléau, une unité spécialisée de prise en charge des enfants victimes de violence a été mise en place au CHU Mustapha. Dotée de moyens médicaux et psychologiques adaptés, elle permet d’assurer un accompagnement global des victimes. Les parents bénéficient également d’un suivi psychologique afin de mieux comprendre et gérer les répercussions de ces traumatismes.
La maltraitance infantile regroupe toutes les formes de violences physiques, émotionnelles ou sexuelles infligées à des personnes de moins de 18 ans. Selon l’OMS, trois enfants sur quatre dans le monde y sont confrontés à des degrés divers. En Algérie, ces chiffres rappellent l’urgence de renforcer la prévention, le signalement des abus et la protection juridique des mineurs.
La lutte contre les violences faites aux enfants demeure un enjeu collectif, qui engage les familles, les institutions, l’école et la société dans son ensemble. Protéger l’enfance, c’est protéger l’avenir.
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