Violences sexuelles faites aux femmes : Plaidoyer pour la mise en place d’un cadre juridique adapté

Violences sexuelles faites aux femmes : Plaidoyer pour la mise en place d’un cadre juridique adapté

64_slide_1_140610103507.jpgDes avocates, sociologues et psychologues ont plaidé, hier mardi, à Alger, pour la mise en place d’un cadre juridique “adapté” permettant aux femmes victimes de violences sexuelles de porter plainte contre leurs agresseurs.

Lors d’une rencontre sous le thème “Violences sexuelles faites aux femmes”, l’avocate Fatma-Zohra Benbraham a insisté sur la nécessité de revoir les textes juridiques datant de l’époque coloniale et qui “ne définissent pas clairement” l’acte de viol, selon elle.

À ce sujet, elle a estimé que les actes sexuels “contre-nature” devraient être considérés également comme des viols. Considérant le viol comme “un crime passible d’une peine d’emprisonnement variant entre 5 à 8 ans”, l’intervenante a relevé que certains magistrats proposaient aux agresseurs d’épouser leurs victimes pour échapper à la prison, qualifiant cette démarche “d’aberrante” et “d’inconcevable”.

De son côté, le Dr Fatima Miloudi, spécialiste en médecine légale, a expliqué que “la matérialité des faits devrait être établie par un médecin légiste”. Sur ce point, elle a noté que les atteintes sexuelles faites aux femmes étaient de véritables “urgences médicales”, recommandant la création d’une unité de “victimologie” dans tous les centres de soins.

S’agissant du rôle de la société, la sociologue Fatma Oussedik a estimé que de “nombreux tabous” subsistaient encore en Algérie, considérant qu’il était temps de “changer les mentalités”, afin de soutenir les femmes “meurtries et touchées dans leur dignité”. Pour aider les femmes à porter plainte contre ce genre de violences, la présidente du réseau Wassila, Dalila Iamarène, a insisté sur l’importance de l’accueil et de l’écoute des victimes par les services des corps de sécurité (gendarmerie, police…), ainsi qu’au niveau des centres hospitaliers.

Les familles des victimes “doivent également jouer leur rôle de soutien et d’accompagnement, et non pas culpabiliser les agressées”, a-t-elle recommandé. Dans le même ordre d’idées, la présidente de l’association El-Baraka de soutien aux personnes handicapées, Flora Boubergout, a rappelé que les associations pouvaient se constituer partie civile et dénoncer les actes de violences envers les femmes.

Elle a également appelé à la formation d’assistantes sociales qui “doivent accomplir leur travail avec abnégation en se déplaçant chez les familles pour constater les faits”.

R. N./APS