Violence Scolaire,Les sociologues cherchent les causes

Violence Scolaire,Les sociologues cherchent les causes

P111117-14.jpgLa violence dans le milieu scolaire prend des virages dangereux

Un rapport sera élaboré dans trois ans après une enquête à Annaba, Constantine, Souk Ahras et El Bayadh.

Une équipe de travail sur la violence dans le milieu scolaire vient d’être mise en place à Oran. Celle-ci qui est chapeautée par 4 chercheurs, rendra son rapport final après trois ans de recherches dans quatre wilayas, à savoir Annaba, Constantine, Souk Ahras et El Bayadh.

Quelque 2000 élèves du cycle moyen seront, à cet effet, sondés. En clair, les institutions en charge des études anthropologiques et sociologiques viennent, donc, d’être secouées par le phénomène qui prend de plus en plus d’ampleur, celui de la violence dans le milieu scolaire alors qu’en France, «les recherches, qui ont été commencées au début des années 1990, sont très avancées. Plus de 12.000 élèves ont été sondés», a affirmé Yves Montoya, maître assistant à l’université de Bordeaux et membre de l’Observatoire international de la violence à l’école. Malgré l’absence des chiffres, nul ne peut ignorer cette évidence étant donné que la violence a dépassé les limites de l’entendement. «Il y a des choses inquiétantes», a affirmé le chercheur français ajoutant qu’«il ne s’agit pas de sous-estimer le phénomène». Un réveil de conscience est plus que nécessaire puisque la violence dans le milieu scolaire, dont les faits sont rapportés quotidiennement par la presse, prend des virages dangereux.

Autant de lectures sont plausibles tandis que le consensus est commun, il est plus qu’urgent de prendre le taureau par les cornes tandis que le ministère de tutelle, principal acteur, est appelé à prendre des mesures à la hauteur de l’événement et jouer un rôle de premier ordre dans la mise en place des mécanismes nécessaires.

Yves Montoya de l’Observatoire international de la violence à l’école le dira implicitement dans la conférence de presse tenue en marge de la journée d’étude sur la violence organisée hier au Centre de recherches en anthropologie sociale et culturelle, le Crasc. «Si la micro violence n’est pas régulée par la communauté éducative nous serons confrontés à une violence beaucoup plus dure dans l’avenir». Lui emboîtant le pas, le chercheur Bendridi Faouzi, du centre universitaire de Souk Ahras a été quelque peu véhément dans sa déclaration dans laquelle il a interpellé les responsables du secteur de l’éducation à «cesser le discours démagogique». Au vu de toutes ces déclarations, une seule lecture est tangible, la violence dans le milieu scolaire a gagné du terrain tandis que les mesures tardent toujours à venir. Autant de facteurs ont contribué à l’éclosion du phénomène qui a nécessité la prise des décisions draconiennes comme la mise en place des agents de sécurité dans les écoles. La presse et le discours politiques ont été cités par le chercheur comme étant deux agents principaux qui ont exercé un forcing perceptible sur les responsables de l’éducation quant à la prise des décisions répressives.

«Le bombardement médiatique, qui a amplifié le phénomène, a motivé la tutelle à réagir», a-t-il indiqué lors de sa communication. Pour sa part, le chercheur Boussaba Abdelkader a estimé que «la démocratisation de l’école et l’instauration d’un environnement serein basé sur le dialogue éléve-professeur, sans aucune soumission, serait fondamental dans la protection de l’école de la violence»