L’Algérie veut changer d’échelle dans la pêche. Depuis le port de Chlef, où il a lancé samedi la campagne nationale de pêche du thon rouge 2026, le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Yacine Oualid, a dévoilé des objectifs ambitieux pour les prochaines années. Au-delà du simple lancement de saison, le gouvernement mise désormais sur une hausse rapide de la production nationale de poisson, avec un seuil de 20 000 tonnes visé dès 2027.
Cette annonce intervient dans un contexte marqué par la hausse des prix du poisson et les difficultés d’approvisionnement sur le marché local. Les autorités espèrent ainsi renforcer l’offre nationale à travers plusieurs projets déjà lancés ou en préparation, tout en développant de nouvelles activités autour du thon rouge, un produit particulièrement stratégique pour l’Algérie.
Production de poisson en Algérie : un objectif de 20 000 tonnes annoncé pour 2027
Selon les déclarations de Yacine Oualid, la production nationale de poisson a déjà connu une forte progression cette année. Elle est passée de 7 000 tonnes à 14 000 tonnes, soit un volume doublé en l’espace d’un an.
Le ministre a expliqué que plusieurs projets réalisés récemment, ainsi que d’autres qui seront lancés progressivement, doivent permettre de poursuivre cette dynamique afin d’atteindre 20 000 tonnes en 2027.
Cette augmentation de la production nationale devrait, selon lui, avoir un impact direct sur le marché local, notamment à travers :
- Une meilleure disponibilité des produits halieutiques ;
- Une réduction de la pression sur l’offre ;
- Une stabilisation progressive des prix du poisson.
Le gouvernement cherche ainsi à renforcer la filière pêche et aquaculture, devenue un enjeu économique mais aussi alimentaire.
Pêche du thon rouge : l’Algérie récupère sa pleine part historique
Le lancement de la campagne de pêche du thon rouge 2026 a également marqué une autre étape pour l’Algérie. Le ministre a indiqué que le pays avait récupéré « l’intégralité de sa part historique » dans ce secteur.
Cette quote-part atteint désormais 2 467 tonnes, un niveau présenté comme un acquis important pour la filière nationale de pêche au thon rouge.
Le thon rouge représente un marché particulièrement convoité en Méditerranée en raison de sa forte valeur commerciale à l’international. Les quotas attribués aux pays riverains constituent donc un enjeu économique majeur pour les professionnels du secteur.
L’Algérie lance pour la première fois l’engraissement du thon rouge
Autre annonce faite par Yacine Oualid, le lancement, pour la première fois en Algérie, de l’activité d’engraissement du thon rouge.
Cette technique consiste à élever et nourrir les thons dans des structures spécialisées avant leur commercialisation. Elle permet généralement d’augmenter la valeur marchande du produit destiné à l’exportation.
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Avec cette nouvelle activité, l’Algérie cherche à développer davantage la chaîne de valeur autour du thon rouge et à renforcer sa présence sur ce marché très rentable.
Les autorités misent désormais sur une montée en puissance progressive de la filière halieutique nationale, portée à la fois par l’augmentation des volumes de production et par de nouveaux investissements dans les activités à forte valeur ajoutée.
