Vers la fin du sucre importé ? Le pari de ce projet à 600 millions $ sur la betterave dans le sud

Vers la fin du sucre importé ? Le pari de ce projet à 600 millions $ sur la betterave dans le sud
Betterave sucrière dans le sud – une filière intégrée pour réduire la dépendance aux importations

Un projet agricole et industriel d’envergure prend forme dans le sud de l’Algerie, à Mansourah dans la wilaya de Gharadaïa. Porté par le groupe Cevital, il mobilise un investissement estimé à environ 600 millions de dollars selon la télévision algérienne. L’ensemble repose sur la filière de betterave sucrière, pensée pour structurer une production locale de sucre et réduire la dépendance du pays aux importations.

L’Algérie importe encore une part importante de ses besoins en sucre, et ce projet permettra d’installer une chaîne de production complète, de la culture jusqu’à la transformation industrielle.

Les premières plantations ont débuté en 2024, avec des résultats techniques jugés encourageants par les équipes en charge du suivi. Notamment sur les taux d’extraction de sucre, compris entre 18 % et 20 %.

Betterave sucrière : une filière intégrée pour réduire la dépendance aux importations

Le projet repose sur une organisation intégrée de la filière betterave sucrière. Combinant exploitation agricole et unité de transformation sur un même site.

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La concession agricole couvre 1.200 hectares à Mansourah. Avec une logique de proximité entre les champs et les futures installations industrielles.

Une raffinerie est prévue sur place et devrait entrer en service en 2028. Complétant ainsi l’ensemble de la chaîne de production.

Contraintes logistiques et accès à l’eau dans une zone isolée

Le site de Mansourah, situé à environ 160 kilomètres de Gharadaïa, se trouve dans une zone isolée, partiellement désertique, avec des accès difficiles. Ces conditions imposent des contraintes logistiques importantes pour l’acheminement des équipements et la conduite des travaux.

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L’eau constitue également un enjeu central pour la culture de la betterave sucrière et les processus industriels. Un forage a été réalisé jusqu’à 385 mètres de profondeur afin d’assurer l’alimentation du site. Des infrastructures de base ont été mises en place pour permettre l’installation des équipes sur place.

Cevital engage 600 millions de dollars à Gharadaïa : un projet suivi par les autorités et structuré par étapes

Le chantier a récemment fait l’objet d’une visite du wali de Gharadaïa, Abdellah Abi Nouar, accompagné de Malik Rebrab, représentant du groupe Cevital. Lancé en 2021, le projet a connu plusieurs phases de retard avant d’entrer dans une phase de réalisation plus active ces derniers mois.

Les données communiquées indiquent un potentiel de création pouvant atteindre 5.000 emplois directs et indirects. Répartis entre l’activité agricole, la transformation industrielle et les services associés.

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Les sous-produits issus de la betterave sucrière, comme la pulpe et la mélasse, sont également destinés à être valorisés dans l’alimentation animale. Ce qui pourrait générer des activités complémentaires dans la région.

Enfin, en combinant betterave locale et industrie sucrière, le projet veut réduire la dépendance de l’Algérie aux importations. Tout en renforçant sa sécurité alimentaire.