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Varsovie : le « Musée Blanc » dévoile le Manifeste des 121 sur la guerre d’Algérie

Varsovie : le « Musée Blanc » dévoile le Manifeste des 121 sur la guerre d’Algérie
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Un bloc de béton d’une blancheur presque irréelle a pris possession de la Place de la Parade, en plein centre de Varsovie. Le nouveau siège du Musée d’Art Moderne, que les habitants surnomment déjà le Musée Blanc, s’est imposé en quelques mois comme le rendez-vous culturel le plus commenté d’Europe centrale. Plus de 50 000 curieux ont franchi ses portes durant le seul week-end d’ouverture. Et parmi les trésors qu’il abrite figure un document qui résonne singulièrement à Alger : la Déclaration sur le droit à l’insoumission dans la guerre d’Algérie, plus connue sous le nom de Manifeste des 121.

Dans le cadre d’un voyage culturel organisé par l’Ambassade de Pologne en Algérie, un groupe de journalistes algériens a pu découvrir le Warsaw Gallery Weekend 2026 au cœur de Varsovie. Parmi les participants, Algérie360 a pris part à ce parcours consacré à l’art contemporain, qui a également permis de découvrir le nouveau Musée d’Art Moderne de Varsovie, installé sur la Place de la Parade.

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Le Musée Blanc impose son contraste face au palais stalinien

Rien n’a été laissé au hasard dans le choix du terrain. L’édifice se dresse juste en contrebas du Palais de la Culture et de la Science, masse grisâtre érigée dans les années 1950 et longtemps perçue comme le symbole de la tutelle soviétique sur la Pologne.

La confrontation visuelle frappe immédiatement le visiteur. D’un côté, une lourdeur ornementale. De l’autre, une géométrie nette, lumineuse, presque silencieuse. Varsovie signe ainsi, dans la pierre, son entrée définitive dans une autre époque, celle de la démocratie et des échanges artistiques sans frontières.

Thomas Phifer a dessiné un écrin de béton blanc pour la lumière

L’auteur du projet est l’architecte américain Thomas Phifer, dont l’agence new-yorkaise est connue pour son goût de la sobriété radicale. La façade, coulée dans un béton blanc à la formule spécialement mise au point, change d’intensité selon les heures et les saisons. Ce que l’on prend pour de la simplicité relève en réalité d’une prouesse technique.

À l’intérieur, un double escalier monumental, lui aussi d’un blanc intégral, dessert les niveaux d’exposition. Les visiteurs en ont fait l’un des décors les plus photographiés de la ville. Pour casser la froideur minérale, l’architecte a imaginé des salons baptisés « City Rooms », habillés de frêne européen, où de larges baies vitrées ouvrent sur l’animation de la rue Marszałkowska.

L’ensemble totalise près de 20 000 mètres carrés, répartis sur quatre étages et deux niveaux enterrés. Les œuvres, elles, disposent de plus de 4 500 mètres carrés.

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Trois signatures majeures de l’art polonais dominent la collection

La collection permanente concentre plusieurs décennies de création polonaise. Edward Dwurnik, chroniqueur acerbe de la société du XXe siècle, y occupe une place de choix avec ses séries consacrées aux mutations urbaines et à la mémoire collective.

Alina Szapocznikow, rescapée de la Shoah devenue pionnière de la sculpture moderne, y est également célébrée. Ses moulages en résine et en polyuréthane, qui fragmentent le corps humain en formes organiques troublantes, comptent parmi les pièces les plus précieuses du musée.

Troisième figure incontournable, Paweł Althamer apporte une dimension collective avec « Przyjaźń » (L’Amitié) et ses silhouettes grandeur nature façonnées à partir de rebuts, souvent avec l’aide d’habitants du quartier. Les visiteurs algériens qui avaient découvert la scène locale lors du Warsaw Gallery Weekend et ses galeries d’art contemporain retrouveront ici la même vitalité.

Le Manifeste des 121 relie Varsovie à la guerre d’Algérie

Le parcours réserve une surprise de taille aux visiteurs venus d’Algérie. Publié en 1960 et paraphé par 121 écrivains, universitaires et artistes, le Manifeste des 121, un texte affirmant le droit de refuser de prendre les armes contre le peuple algérien, figure parmi les pièces exposées.

Ce geste de résistance intellectuelle, qui dénonçait frontalement la répression coloniale, prend un relief particulier dans un pays lui-même longtemps occupé. En l’intégrant à son accrochage, l’institution varsovienne assume un propos clair : relier les combats anticoloniaux, la liberté de parole et l’engagement des créateurs, d’un continent à l’autre.

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Un musée conçu comme une place publique ouverte à tous

L’établissement refuse le modèle du temple fermé réservé aux initiés. Au rez-de-chaussée, la Galerie A s’ouvre gratuitement à quiconque pousse la porte, aux côtés d’une librairie spécialisée, d’un bistro et d’espaces d’expérimentation.

Le bâtiment accueille aussi le KINOMUZEUM, une salle de 150 places dédiée au cinéma d’auteur. Tout autour, une arcade couverte invite les piétons à s’abriter et à traverser le site, transformant le musée en véritable raccourci urbain.

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DN

Dina Nedjma

Dina Nedjma Journaliste – Économie, analyse et international

Dina Nedjma est journaliste chez Algerie360 depuis 2019. Spécialisée dans l'économie, l'analyse et l'actualité internationale, elle couvre également l'investissement en Algérie ainsi que les principaux salons, forums et événements économiques organisés à travers le pays.

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