Urgent
Partenaires

Radiothérapie de pointe : comprendre la technologie Varian Edge

Radiothérapie de pointe : comprendre la technologie Varian Edge
Suivre Algérie 360° sur Google Actualités

Détruire une tumeur du cerveau, du poumon ou de la prostate sans ouvrir le corps : la radiochirurgie y parvient pour un nombre croissant de patients. Des faisceaux de rayons très focalisés convergent vers la lésion depuis plusieurs angles. La technologie Varian Edge, développée par Varian Medical Systems, fait partie des systèmes conçues pour la radiochirurgie.

L’intérêt du dispositif tient à l’alliance d’un accélérateur linéaire de haute énergie, d’une imagerie intégrée et de systèmes de surveillance qui vérifient la position du patient toutes les dix millisecondes. Les séances se limitent à cinq au maximum, là où une radiothérapie classique en compte jusqu’à quarante. Aucune incision, aucune anesthésie, aucune hospitalisation : le traitement se déroule en ambulatoire.

Le nom de la machine circule pourtant bien plus vite que les explications. Que traite-t-elle, au juste, à quoi ressemble une séance et qui peut en bénéficier ? Les réponses qui suivent s’appuient sur les données publiées par des centres hospitaliers, sur les informations d’institutions de renom et sur la littérature scientifique la plus récente.

Un accélérateur linéaire en radiochirurgie

Varian Edge appartient à la famille des systèmes de radiochirurgie stéréotaxique. Comme la radiothérapie externe classique, il s’appuie sur un accélérateur linéaire, ou linac, qui produit un faisceau de haute énergie.

Votre destination santé, le Centre médical Anadolu
Votre destination santé, le Centre médical Anadolu

Le faisceau atteint la tumeur sous de nombreux angles : chaque partie de la lésion reçoit la dose prescrite, tandis que le tissu sain voisin subit une irradiation bien moindre. Malgré son nom, la radiochirurgie n’utilise aucun bistouri. Le rayonnement abîme l’ADN des cellules cancéreuses, qui perdent leur capacité à se diviser, alors que les cellules saines récupèrent plus aisément.

À LIRE AUSSI >> Prise de sang : que signifie un taux d’ALT anormal pour la santé de votre foie ?

Varian Medical Systems a conçu la machine pour la radiochirurgie, sans renoncer aux traitements de radiothérapie conventionnelle. Le débit de dose atteint 2 400 unités moniteur par minute, une valeur pensée pour écourter la présence du patient sur la table de traitement. Le système traite aussi plusieurs tumeurs dans une même séance, là où certaines autres plateformes exigent une séance par lésion.

Le suivi du mouvement complète le dispositif. Une table robotisée ajuste la position du patient selon six degrés de liberté, et un scanner précède l’irradiation. Pour la tête, un système optique surveille la surface de la peau en temps réel, sans marqueur ni rayons X. Pour les tumeurs qui bougent, comme celles du poumon, le système Calypso localise la lésion en continu. Ainsi, si le patient bouge, la machine coupe le faisceau.

Cerveau, poumon, foie, prostate : les domaines de traitement de Varian Edge

Née avec les tumeurs cérébrales, la radiochirurgie s’applique aujourd’hui à la plupart des régions du corps. Les centres équipés de Varian Edge citent le cerveau, le rachis, la tête et le cou, la glande surrénale, le poumon, le foie, le pancréas, la prostate et le sein.

Au cerveau, la radiochirurgie et la radiothérapie stéréotaxique fractionnée forment désormais la base du traitement des métastases peu nombreuses. HyperArc raccourcit la durée du traitement de plusieurs métastases. Une série rétrospective de 315 patients, soit 2 161 métastases traitées sur accélérateur linéaire (TrueBeam STx ou Edge), rapporte peu de toxicités aiguës.

Hors du crâne, Varian Edge délivre de la radiothérapie stéréotaxique du corps. Les données cliniques concernent le poumon, le foie et le rachis. Le poumon impose un défi particulier, puisque la tumeur se déplace à chaque respiration ; le suivi en temps réel de la machine y répond. Pour la prostate, les données publiées associant le duo Edge et Calypso à moins d’effets secondaires intestinaux et sexuels.

La radiochirurgie sert d’alternative non invasive quand l’opération est impossible ou quand la tumeur touche un organe vital. Elle s’utilise seule, ou en complément de la chirurgie, de la chimiothérapie, de l’hormonothérapie ou de l’immunothérapie.

Le déroulement d’un traitement Varian Edge

Tout commence hors de la salle de traitement. Des examens d’imagerie, IRM ou scanner, délimitent la tumeur et les organes à protéger. Le radiothérapeute et le physicien médical calculent ensuite, sur un logiciel de planification, l’angle et l’intensité de chaque faisceau. Pour une tumeur cérébrale, un masque thermoplastique moulé sur le visage remplace le cadre fixé à la tête.

Le jour de la séance, l’équipe suit cinq temps :

  • Le patient s’installe sur la table, et le personnel ajuste sa position.
  • Une imagerie de contrôle vérifie que la cible occupe la place prévue.
  • Le radiothérapeute valide la dose et le plan d’irradiation.
  • Le faisceau tourne autour du patient et irradie la zone cible sous plusieurs angles.
  • Une surveillance de courte durée suit la séance.

Une séance dure une quinzaine de minutes dans certains centres équipés de Varian Edge, et une trentaine pour la radiothérapie stéréotaxique du corps. L’irradiation ne provoque d’ordinaire aucune douleur. Le nombre de séances dépend de la maladie, de la taille de la tumeur et de sa localisation : une seule suffit dans certains cas, plusieurs, étalées sur deux semaines au plus, dans d’autres.

Après la séance, les effets secondaires dépendent de la zone irradiée. Pour la radiothérapie stéréotaxique du corps, une fatigue de quelques jours, un gonflement local, des nausées près de l’intestin ou du foie et une irritation de la peau. Des effets tardifs, rares, apparaissent parfois des mois plus tard : os fragilisés, modifications pulmonaires ou atteinte des nerfs.

Précision, séances courtes, limites : bilan du traitement Varian Edge

La précision constitue l’avantage principal : selon les centres qui l’utilisent, les faisceaux épousent la taille, la forme et la position de la tumeur à un millimètre près.

Les études comparatives apportent des nuances. Dans une étude de planification menée dans des hôpitaux britanniques sur onze patients porteurs de métastases cérébrales multiples, les accélérateurs à collimateur haute définition ont produit une meilleure conformité de dose que le CyberKnife et le Gamma Knife. Le Gamma Knife, en revanche, a obtenu une décroissance de dose plus rapide autour de la cible.

Cependant, la précision n’annule pas le risque. Il s’agit d’une irradiation : des complications graves, rares, restent possibles, d’où un suivi rapproché après le traitement. Les résultats varient aussi d’un cancer à l’autre. La comparaison avec la chirurgie ou la radiothérapie classique dépend du type de tumeur, et aucun taux de réussite unique ne s’applique à toutes les indications.

À LIRE AUSSI >> Efficace mais redoutée : à quoi sert la cortisone et quels sont ses risques ?

L’éligibilité relève du médecin spécialiste, qui pèse la taille et la localisation de la tumeur, l’état général du patient et les autres options. Les profils les plus concernés réunissent les patients inopérables, les tumeurs proches d’un organe vital ou difficiles d’accès et les malades porteurs de quelques métastases.

Une radiothérapie antérieure n’écarte pas d’emblée l’option : une équipe américaine a traité 94 métastases cérébrales chez un patient déjà irradié au cerveau entier, avec HyperArc sur un Varian Edge.

DN

Dina Nedjma

Dina Nedjma Journaliste – Économie, analyse et international

Dina Nedjma est journaliste chez Algerie360 depuis 2019. Spécialisée dans l'économie, l'analyse et l'actualité internationale, elle couvre également l'investissement en Algérie ainsi que les principaux salons, forums et événements économiques organisés à travers le pays.

Voir tous les articles de Dina Nedjma →

À lire aussi

La une du jour

Extra contenu