Le ministre des Finances, Abdelkrim Bouzred, a présenté jeudi un bilan de la situation financière du pays devant le Conseil de la nation. Lors d’une séance plénière consacrée aux questions orales, le ministre a affirmé que le taux de change actuel du dinar est adapté à l’économie, tout en présentant les derniers chiffres en forte hausse du paiement électronique en Algérie.
Interrogé sur la valeur de la monnaie nationale, Abdelkrim Bouzred s’est montré rassurant. Selon lui, le taux de change officiel actuel est à la fois « approprié » et « positif » pour l’ensemble de l’activité économique. Le ministre a rappelé que la valeur du dinar n’est pas figée mais s’adapte aux réalités du moment, fluctuant selon des facteurs clés : le commerce extérieur, l’inflation et les politiques monétaires de la Banque d’Algérie.
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Pour justifier cette stabilité, le premier responsable du secteur a mis en avant la santé économique du pays :
« Le taux de croissance économique nationale se situe autour de 6 % sur la période 2024/2025. C’est une performance « exceptionnelle » au vu de la conjoncture économique mondiale actuelle. »
Le ministre a toutefois tenu à rappeler une règle institutionnelle majeure : la politique de change relève des prérogatives exclusives de la Banque d’Algérie, et ce dossier est rigoureusement géré par sa division chargée de la devise et du taux de change.
Le paiement électronique en plein essor : Les chiffres clés
L’autre grand chantier abordé par le ministre est celui de la transition numérique financière. Les indicateurs du paiement électronique (e-paiement) affichent des courbes ascendantes spectaculaires, portées par une accélération des déploiements techniques au premier trimestre de l’année en cours.
- 22 millions de cartes électroniques ont été distribuées (chiffre arrêté à mars de l’année en cours), dont 80 % relèvent d’Algérie Poste.
- 4 713 distributeurs automatiques de billets (DAB) sont désormais opérationnels, contre 4 670 fin 2025 (+24 appareils).
- 104 000 Terminaux de paiement électronique (TPE) sont aujourd’hui injectés sur le marché, contre seulement 7 800 à la fin de l’année 2025. Une accélération fulgurante puisque 25 000 TPE ont été installés en trois mois à peine.
L’adhésion des citoyens et des institutions se traduit concrètement dans les volumes financiers brassés :
- Pour l’ensemble de l’exercice précédent : 235 millions de transactions ont été enregistrées pour un volume global de 4 400 milliards de dinars.
- Via les TPE (fin 2025) : Plus de 10 millions de transactions ont été enregistrées, représentant une valeur de 55 milliards de dinars.
Secteur privé et TEP : Les commerçants « enfin » conquis
Si l’administration publique (douanes, impôts, domaines, trésor, justice et sûreté nationale) a déjà largement basculé vers le numérique pour éviter les déplacements des usagers, le défi restait de convaincre le secteur commercial privé.
C’est désormais chose faite selon Abdelkrim Bouzred, qui souligne que les anciens freins ont levés :
« Les commerçants dénonçaient auparavant les retards dans le versement des paiements. Aujourd’hui, ces transactions s’effectuent de manière instantanée. De plus, la question des taxes ne se pose plus, notamment grâce à la mise en place de l’Impôt Forfaitaire Unique (IFU) et des différents dispositifs incitatifs. »
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Le commerce en ligne (e-commerce), dont l’émergence a été catalysée par la pandémie de Covid-19, s’impose lui aussi comme un acteur incontournable. L’Algérie compte aujourd’hui 869 sites commerciaux numériques, majoritairement détenus par le secteur privé. Preuve de cet engouement : sur les 84 millions d’opérations enregistrées au cours des six dernières années, 27 millions l’ont été pour la seule année 2025.
En conclusion, le ministre des Finances a insisté sur le fait que la réussite définitive de cette transition ne dépend plus uniquement de la technique, mais réside désormais dans « le changement et l’évolution des mentalités » des opérateurs et des consommateurs.
