Usine Opel en Algérie : où en est réellement le projet après la visite du PDG à Alger ?

Usine Opel en Algérie : où en est réellement le projet après la visite du PDG à Alger ?
Usine Opel en Algérie

Le projet d’implantation industrielle d’Opel en Algérie franchit une nouvelle étape. Début juillet 2026, Florian Huettl, directeur général de la marque allemande, et Xavier Chéreau, président de son conseil d’administration, se sont rendus à Alger où ils ont été reçus par Kamel Moula, président du Conseil du renouveau économique algérien (CREA). Il s’agissait d’une visite de haut niveau. De plus, cela confirme l’entrée du dossier dans une phase décisive.

Stellantis examine actuellement deux options : implanter une nouvelle usine dédiée à Opel en Algérie ou agrandir son complexe industriel de Tafraoui, près d’Oran. À Tafraoui, les véhicules Fiat sont déjà assemblés.

À l’issue de la rencontre, Kamel Moula a indiqué que les échanges avaient porté sur « l’accélération du développement de l’industrie automobile en Algérie, notamment à travers le renforcement de la base de la sous-traitance industrielle ». Cette formulation traduit la volonté des deux parties d’aller au-delà des déclarations d’intention.

La présence simultanée du directeur général et du président du conseil d’administration d’Opel témoigne de l’importance stratégique accordée au marché algérien. En recevant cette délégation, le CREA confirme également son rôle d’interlocuteur privilégié entre les constructeurs internationaux et le tissu industriel national.

Un projet lancé en 2024 : entrée dans la phase opérationnelle

Le dossier Opel en Algérie ne date pas d’hier. Au début de l’année 2024, Florian Huettl avait annoncé, sur LinkedIn, le choix de l’Algérie pour accueillir le premier site de production d’Opel hors d’Europe. Cela intervenait à l’issue de réunions de travail avec Samir Cherfan, directeur des opérations de Stellantis pour la région Moyen-Orient et Afrique.

Cette orientation a ensuite été confirmée en janvier 2026 avec l’annonce officielle d’une future production « fièrement fabriquée en Algérie ».

Après deux années de préparation, le projet semble désormais entrer dans une phase de concrétisation. Son suivi a été confié au Premier ministre Sifi Ghrieb. Par ailleurs, son expérience à la tête du ministère de l’Industrie explique son implication dans la relance de la filière automobile nationale.

Le choix du futur site de production reste toutefois à arrêter. Le complexe de Tafraoui dispose déjà d’infrastructures industrielles opérationnelles. Il poursuit sa montée en puissance avec un objectif de 90 000 véhicules produits en 2026. À l’inverse, la construction d’une nouvelle usine permettrait de concevoir un outil industriel entièrement adapté aux besoins de la marque allemande.

La sous-traitance locale au centre des négociations ?

Au-delà de l’implantation d’une usine, l’enjeu porte désormais sur le développement d’un véritable écosystème industriel. CREA met l’accent sur la sous-traitance, réaffirmant la volonté des autorités de favoriser la fabrication locale de composants. Cela s’applique aux faisceaux électriques, aux pièces plastiques ou aux composants mécaniques.

Cette orientation répond aux exigences du cahier des charges algérien. Celui-ci impose aux constructeurs d’atteindre un taux d’intégration locale de 40 % dans un délai de cinq ans.

En mai dernier, Kamel Moula soulignait déjà que l’intérêt des investisseurs reposait autant sur « l’écosystème qui se construit autour » que sur les projets d’assemblage eux-mêmes. Plusieurs anciens importateurs de pièces automobiles se sont d’ailleurs engagés dans des activités de production. Parallèlement, des zones industrielles se structurent progressivement autour de la sous-traitance.

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Un rapprochement industriel entre l’Algérie et l’Allemagne

La visite des dirigeants d’Opel s’inscrit dans une dynamique plus large de coopération entre Alger et Berlin. Fin juin 2026, une délégation de six équipementiers automobiles allemands, mandatée par le ministère fédéral allemand de l’Économie, s’était déjà rendue en Algérie afin d’explorer des opportunités de partenariat industriel. Les discussions avaient notamment porté sur le transfert de technologies. De plus, elles concernaient les partenariats avec les équipementiers de premier et deuxième rang ainsi que l’organisation des chaînes logistiques.

Selon plusieurs spécialistes, dont Abderrahmane Hadef, les restructurations engagées par l’industrie automobile allemande, notamment chez Volkswagen, poussent désormais les constructeurs à rechercher de nouveaux sites de production plus compétitifs.

Grâce à ses ressources énergétiques, à son nouveau cadre d’investissement et à sa position géographique entre l’Europe et l’Afrique, l’Algérie apparaît comme une destination de plus en plus crédible. Les autorités allemandes soutiennent également ce rapprochement.

En effet, l’ambassadeur Georg Felsheim a récemment mis en avant les perspectives de coopération autour du projet SoutH2 Corridor destiné à acheminer l’hydrogène vert algérien vers l’Europe.

Au-delà du seul projet Opel, le déplacement personnel de Florian Huettl et de Xavier Chéreau illustre le changement de perception des grands groupes européens. Les investisseurs ne considèrent plus l’Algérie comme un simple marché commercial, mais comme une plateforme industrielle capable d’accueillir des investissements de long terme et de s’intégrer durablement aux chaînes de valeur internationales.