L’Algérie vise une nouvelle consécration à l’UNESCO : 5 monuments en route vers le patrimoine mondial

Le dossier algérien consacré aux sépultures monumentales des souverains de l’Antiquité vient de franchir une étape déterminante. Le Centre du patrimoine mondial de l’UNESCO a validé sa conformité technique, ouvrant la voie à son examen par les organes consultatifs de l’organisation. Sur les 60 candidatures déposées à travers le monde, seules 35 ont passé ce premier filtre. Le ministère de la Culture et des Arts, qui a annoncé la nouvelle, y voit un signal fort pour la reconnaissance internationale de ces monuments.
La période couverte par le dossier est vaste : elle s’étend du IVe siècle avant notre ère jusqu’au VIe siècle de l’ère chrétienne. Près d’un millénaire durant lequel les dynasties qui se sont succédé sur le territoire ont érigé des tombeaux royaux d’une ampleur architecturale rare.
Cinq monuments funéraires portent la candidature algérienne à l’UNESCO
La proposition réunit cinq ensembles répartis du littoral au Sahara. Le mausolée d’Imedghassen, dans la wilaya de Batna, en constitue la pièce la plus ancienne. Lui répondent le tombeau attribué à Massinissa, situé au Khroub dans le Constantinois, et la sépulture royale de Siga, à Aïn Témouchent, ancienne capitale numide.
Deux autres sites complètent cet ensemble. Dans le Hoggar, à Tamanrasset, le monument funéraire d’Abalessa associé à la figure de Tin Hinan témoigne d’une autre tradition. Enfin, à Frenda, dans la wilaya de Tiaret, les Djedars forment un groupe de mausolées perchés dont l’énigme intrigue encore les chercheurs.
Cette diversité géographique n’est pas anodine. Elle montre que la pratique du tombeau monumental n’était pas cantonnée à une seule région, mais traversait l’ensemble du territoire. Un constat que recoupent les campagnes d’inventaire menées dans le Sud, à l’image des 510 sites archéologiques recensés dans le Tassili n’Ajjer, où les structures funéraires dominent largement le décompte.
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Un tri sévère avant l’examen des organes consultatifs
Le chiffre communiqué par le ministère donne la mesure de la sélection. Parmi les soixante propositions transmises à l’organisation onusienne, trente-cinq seulement ont été jugées recevables au regard des orientations devant guider la mise en œuvre de la Convention du patrimoine mondial de 1972. Les autres n’iront pas plus loin pour l’instant.
Franchir ce cap ne garantit évidemment pas l’inscription. Les organes consultatifs vont maintenant éplucher le contenu scientifique du dossier, vérifier l’état de conservation des sites, examiner les plans de gestion et apprécier ce que l’UNESCO nomme la valeur universelle exceptionnelle. Un travail long, qui précède la décision du Comité du patrimoine mondial.
L’Algérie n’en est pas à sa première démarche auprès de l’institution. Le Parc national de Théniet El Had a par exemple rejoint, en juin dernier, le réseau mondial des réserves de biosphère lors d’une session tenue au Paraguay.
Le patrimoine culturel algérien multiplie les candidatures internationales
Cette avancée s’inscrit dans une séquence plus large. En septembre, l’Algérie s’est associée à la Tunisie, à l’Égypte et à la Turquie pour porter la Muqaddima d’Ibn Khaldoun au registre Mémoire du monde, une candidature conjointe qui concerne cette fois le patrimoine documentaire.
La protection des biens culturels mobilise également la diplomatie bilatérale. Une délégation d’experts américains s’était déplacée à Alger au printemps dans le cadre du mémorandum d’entente consacré à la préservation du patrimoine et à la lutte contre le trafic d’antiquités, renouvelé en 2024.
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