Une soirée barbecue vire au calvaire : un jeune séquestré et torturé, 3 accusés lourdement condamnés

Une soirée barbecue vire au calvaire : un jeune séquestré et torturé, 3 accusés lourdement condamnés
Tribunal Dar El-Beïda

La Cour criminelle de première instance de Dar El-Beïda a prononcé des peines de prison de différents degrés à l’encontre d’un gang criminel composé de trois accusés placés en détention provisoire, impliqués dans l’enlèvement et la séquestration d’un jeune homme de 23 ans, le premier jour de l’Aïd El-Adha, à l’intérieur d’un chantier de logements sociaux dans la commune de H’raoua, à l’est de la capitale, sous le prétexte fallacieux de l’inviter à un barbecue.

Selon le média « Ennahar », l’accusé principal, Hanifi Abdelraouf, a été condamné à sept ans de prison ferme, assortis d’une amende de 500 000 dinars. Ses deux complices, A. Mohamed El-Amine, ont écopé de cinq ans de prison ferme et d’une amende de 300 000 dinars, tandis que S. Djihad Ibrahim a été condamné à trois ans de prison ferme et à une amende de 100 000 dinars.

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Le verdict est intervenu après que le parquet a requis la peine maximale, soit dix ans de réclusion, estimant que les faits étaient d’une extrême gravité. Selon l’accusation, l’accusé principal, en compagnie de ses complices, a attiré la victime, L. Nezim, vers le troisième étage d’un chantier de construction inachevé, où il a été agressé à l’aide d’un couteau après avoir été contraint de se dévêtir. Les deux autres accusés ont ensuite pris des photos et des vidéos de la victime dans cette situation afin de la faire chanter et d’exiger une somme de 20 millions de centimes. Avant de le relâcher, les mis en cause lui ont également dérobé son téléphone portable, une montre et une somme d’environ 10 000 dinars.

Quand une invitation à un barbecue vire au calvaire

Les trois accusés ont été poursuivis pour enlèvement et séquestration, actes de torture et violences sexuelles, ainsi que pour vol avec usage de violence et menaces. Les faits remontent au 17 juin 2025, date à laquelle la victime a déposé une plainte auprès de la brigade de la Gendarmerie nationale de H’raoua. Il a affirmé avoir été agressée à l’arme blanche, volée et victime d’un acte attentatoire à la pudeur. Pis, il a été menacée de mort à l’aide de photos prises par ses agresseurs. La victime a fourni un certificat médical attestant d’une incapacité de travail de sept jours, délivré par l’établissement hospitalier de Rouiba.

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Lors de son audition, le jeune homme a déclaré que le 9 juin 2025, vers 11 heures, son collègue de travail, Hanifi Abdelraouf, l’avait invité pour célébrer l’Aïd autour d’un barbecue. À son arrivée, il a été conduit dans un chantier de logements sociaux à l’arrêt, où se trouvaient Mohamed El-Amine et Djihad Ibrahim en train de consommer de l’alcool. Tentant de quitter les lieux, la victime a été retenue, frappée avec le plat d’un couteau, puis avec un bâton en bois, avant d’être dénudée et filmée. Les agresseurs lui ont alors exigé 20 millions de centimes, sous la menace de diffuser les images sur les réseaux sociaux. Ils lui ont également dérobé son téléphone, sa montre et une somme de 10 000 dinars, avant de le menacer à l’aide d’un câble électrique s’il portait plainte. Il n’a été libéré qu’aux environs d’une heure du matin.

Témoignages et déclarations

Un mobile de vengeance a été avancé par la victime, qui a expliqué que cette agression était motivée par un esprit de vengeance, son collègue l’accusant à tort de l’avoir dénoncé à leur employeur dans une affaire de vol présumé de 54 millions de centimes, et de vouloir le faire incarcérer.

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Dans le cadre de l’enquête, le principal accusé Mohamed Amine a reconnu avoir entendu des cris provenant du troisième étage du chantier et avoir trouvé la victime sans pantalon, alors qu’Abdelraouf l’agressait. Il a confirmé que ce dernier était à l’origine de la dénudation de la victime et des menaces visant à lui soutirer de l’argent. De son côté, l’accusé principal a avoué avoir attiré la victime au troisième étage et l’avoir agressée, affirmant toutefois que son intention était uniquement de l’intimider afin de lui soutirer de l’argent, niant toute autre intention criminelle.