Le barrage de Kef Eddir, situé dans la commune de Damous à l’extrême ouest de la wilaya de Tipaza, a atteint son niveau de remplissage maximal. Un événement inédit depuis sa mise en exploitation en 2023, favorisé par les récentes et abondantes précipitations.
Selon les informations communiquées ce vendredi par la Direction locale des ressources en eau, l’Agence nationale des barrages et transferts (ANBT) a enregistré des apports pluviométriques exceptionnels sur les hauteurs de Damous. Ces pluies ont permis à l’infrastructure d’afficher complet, atteignant sa capacité théorique de 125 millions de mètres cubes.
Avant cet épisode pluvieux, les réserves du barrage stagnaient à environ 85 millions de m³. En l’espace de quelques jours, le volume stocké a bondi de plus de 40 millions de m³. Face à cette montée rapide des eaux et par mesure de sécurité, l’ANBT a dû procéder à des opérations de lâchers préventifs afin de réguler le débit du réservoir.
Mis en service en novembre 2023 après l’achèvement des travaux de transfert, le barrage de Kef Eddir joue un rôle crucial dans la sécurité hydrique de la région. Ce projet structurant dessert :
- 11 communes de la wilaya de Tipaza (notamment la zone ouest).
- Plusieurs localités limitrophes des wilayas de Chlef et d’Aïn Defla.
- Le secteur agricole, via l’irrigation des terres de la région.
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Pour rappel, ce complexe hydraulique s’appuie sur une logistique imposante comprenant 180 km de canalisations, 11 stations de pompage et 18 réservoirs, dont 7 sont spécifiquement dédiés à l’approvisionnement des zones rurales et montagneuses enclavées.
2026, l’année du renouveau en Algérie ?
Le cas de Kef Eddir n’est pas isolé. Depuis décembre dernier, l’Algérie connaît une dynamique hydrique que les experts qualifient déjà de « tournant« . Grâce à des précipitations soutenues et au passage dévastateur mais salvateur du cyclone « Harry » sur l’Ouest du pays, les réserves nationales sortent enfin de la zone rouge.
Le bilan est impressionnant : en seulement quelques semaines, le taux de remplissage national est passé de 33,82 % à près de 38 %, retrouvant les niveaux records de 2025.
Si la situation des nappes phréatiques reste discrète, celle des 81 barrages du pays est spectaculaire. À travers les images satellites et les rapports de l’ANBT, on observe une ceinture de barrages saturés d’Est en Ouest :
- Huit infrastructures, dont celles de Seklafa (Laghouat), Bouzegza (Tissemsilt) et Aïn Témouchent, affichent désormais complet.
- Signe d’une abondance soudaine, plusieurs barrages comme ceux de Mexa (El Tarf), Kissir (Jijel) ou Oued Taht (Mascara) ont dû ouvrir leurs vannes pour évacuer des millions de mètres cubes d’excédent.
Malgré les dégâts matériels signalés à Relizane et Aïn Defla suite aux inondations, l’impact sur la sécurité hydrique est majeur. La crue de l’Oued El Kébir et de l’Oued Mina a rempli les réservoirs à une vitesse fulgurante.
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L’optimisme reste de mise pour le printemps : le manteau neigeux sur les sommets de l’Atlas constitue un « stock de réserve » stratégique. Sa fonte progressive garantira un apport régulier, évitant l’évaporation brutale et permettant une recharge douce des nappes souterraines.
