Une augmentation de 15% par rapport à l’année écoulée : Les fournitures scolaires hors de portée des petites bourses

samedi 24 août 2013 à 21:50
Source de l'article : Reporters.dz

scolaire.jpgUne nouvelle flambée des prix s’annonce, elle concerne les fournitures scolaires. Une situation qui inquiète les ménages algériens, qui auront encore à affronter une nouvelle saignée, après les dépenses du mois de ramadan et des habits ainsi que des gâteaux de l’Aïd El Fitr.

Lors d’une virée effectuée dans les différentes librairies et papeteries de la capitale, nous avons constaté que les prix des fournitures scolaires ont pris des ailes. D’ailleurs, selon les vendeurs, cette augmentation est estimée cette année à 15% par rapport à l’année écoulée. A moins de vingt jours de la rentrée scolaire, qui s’annonce pour le 9 septembre prochain, des foules nombreuses de parents d’enfants scolarisés se sont formées à l’intérieur de certains magasins de la capitale.

En rentrant dans un magasin de fournitures scolaires à la rue
Didouche-Mourad, à Alger-Centre, ce qui a attiré notre attention, ce sont les prix excessifs affichés. A savoir que le cahier de 288 pages est cédé à 160 DA, alors qu’il était de 145 DA l’an dernier. Le cahier de 192 pages, quant à lui, est vendu à 110 DA, contre 95 DA en 2012. Le cahier de 120 pages est cédé à 60 DA, alors qu’il était cédé à 48 DA l’an dernier. Les cartables aussi ne sont pas épargnés par la flambée des prix. Ils sont cédés entre 700 DA et 3500 DA/ l’unité, et ce, selon la qualité du produit. C’est du moins ce qu’on a constaté sur les lieux.

Face à cette hausse des prix inexplicable de ces fournitures, les parents d’enfants scolarisés n’ont pas manqué d’exprimer leur désarroi et leur mécontentement. Pour Mehdia, mère de deux enfants scolarisés, « les prix des articles scolaires pour cette année sont inaccessibles! Sincèrement, il est vraiment impossible aux parents qui ont 3 à 4 enfants scolarisés de répondre aux besoins de leurs enfants », a-t-elle reconnu. « Personnellement, je suis une simple fonctionnaire, je ne peux pas me permettre d’acheter des fournitures haut de gamme. » Salim, un père de famille rencontré, lui, dans une librairie en train d’acheter les articles scolaires à ses trois enfants scolarisés, affirme :
« A moins de vingt jours de la rentrée scolaire, j’ai décidé de venir acheter les affaires scolaires pour mes enfants afin d’éviter une autre hausse subite des prix dans les prochains jours. »

Avant d’ajouter : « Vu la saignée à laquelle nous
avons fait face durant le mois de ramadan et l’Aïd El Fitr, je ne peux pas remplir les cartables de mes quatre enfants scolarisés. Les années précédentes, c’était le marché informe auquel nous faisions recours, mais cette année, les pouvoirs publics ont éradiqué ces marchés. C’est vraiment un gâchis pour les couches vulnérables de la société. » De son côté, Salim, la quarantaine, nous dira : « Les fournitures scolaires de chacun de mes enfants me reviennent à 4 000 DA. Puisqu’ils sont trois, j’ai dû casquer 12 500 DA en fournitures scolaires, alors que l’année dernière, c’était 12 000 DA de dépenses. Personnellement, je me peux me le permettre, mais un père ayant un salaire moyen,
je ne pense pas que cela soit possible pour
lui, malheureusement, car ces articles sont
très chers. »

Les cartables oscillent entre 700 et 3 000 DA
Pour avoir l’avis de libraires sur la cause principale de ces prix qui ne cessent d’augmenter d’année en année, nous nous sommes rendus dans une librairie sise à la place Maurétania, au centre d’Alger. Abdelwahab, le propriétaire d’une librairie, nous révèle que cette augmentation des prix des articles scolaires est due essentiellement à la hausse du papier sur les marchés mondiaux, ce qui se répercute fatalement sur l’ensemble des marchés, y compris l’Algérie. Plus loin, il ajoute : « Les cahiers sont à 95% importés, ce qui induit des taxes douanières.

Les frais de transport aussi se répercutent sur les prix, puisqu’un cahier de 96 pages vendu 20 centimes d’euro reviendrait à 38 DA sur le marché national. » Les propriétaires des magasins que nous avons interviewés se sont réjouis de l’éradication des marchands à la sauvette qui s’imposent à chaque rentrée scolaire pour vendre illégalement les fournitures scolaires. « Nous souhaitons que ces marchands disparaîtront cette année, puisque grâce à leur activité, plusieurs vendeurs ont fermé leur papeterie ou librairie », a-t-il noté.

Les tabliers scolaires importés cédés à 1 500 DA !
Il est presque midi. Direction, la rue Larbi-Ben M’hidi (ex-Isly). Une grande foule de parents d’élèves s’est constituée à l’intérieur d’un grand magasin spécialisé dans la vente des articles scolaires. En rentrant dans ce magasin, ce qui a attiré notre attention, c’est bien l’embarras du choix proposé sur les étals de ce magasin.

A savoir que la gamme des produits est très large et proposée à des prix qui diffèrent selon la qualité. Notons qu’il y a le bas de gamme provenant de Chine, mais qui est demandé pour son design et ses couleurs attirantes pour les enfants et surtout qui est proposé à des prix intéressants.
Il y a aussi la qualité supérieure, surtout en provenance d’Europe, qui est proposée à des prix hors de portée de la couche moyenne de la société. A titre d’exemple, dans un magasin

« Techno » à la rue Larbi-Ben sM’hidi, un crayon made in China est vendu à 8 DA, alors que celui en provenance d’Europe oscille entre 20 et 25 DA. Un stylo « Techno » est cédé à 30, voire 35 DA, alors qu’un stylo chinois est estimé
entre 10 et 12 DA. Les trousses aussi sont variées en modèles et en couleurs. Elles sont proposées entre 70 et 250 DA, selon la qualité. « Il faut reconnaître que l’embarra, du choix fait perdre la tête aux bambins, dont le seul souci est d’avoir de belles affaires et de beaux cartables », nous dira
Hamid, un employé de ce magasin. De leur côté, les parents, rencontrés sur place, n’ont pas hésité à exprimer leur désarroi quant à la flambée des prix de ces articles. « Mon salaire mensuel ne dépasse pas 39 000 DA, alors comment voulez-vous que je puisse remplir les cartables de mes cinq enfants ? », s’est interrogé Karim, un père de famille accompagné de son épouse et de ses deux enfants.

Côté tabliers, cette année encore, les deux couleurs, à savoir le rose et le bleu, selon les directives du département ministériel de l’éducation nationale, sont omniprésents sur les étals des commerçants. Mais leurs prix font inquiéter les parents d’élèves. Un tablier fabriqué en Chine ou produit localement est cédé entre 700 et 850 DA. Alors que celui en provenance d’Europe est vendu à 1 500 DA. « Je ne peux pas me permettre d’acheter un tablier de qualité, je suis contrainte d’acheter à mes enfants des tabliers à bas prix », nous dira Samia, une mère de famille que nous avons rencontrée à l’intérieur d’un magasin de vêtements pour enfants sis à la rue d’Isly.

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