Une actrice franco-algérienne refuse la Légion d’honneur : on vous explique pourquoi

Une actrice franco-algérienne refuse la Légion d’honneur : on vous explique pourquoi
Refusant la plus haute distinction de l’État, cette actrice franco-algérienne affirme que son « honneur se situe ailleurs ». Une décision assumée, expliquée dans un message publié sur Instagram.

Pourquoi Rachida Brakni refuse-t-elle la Légion d’honneur ? Alors que son nom figurait dans la prestigieuse promotion civile du 14-Juillet, l’actrice, réalisatrice et chanteuse a surpris le public français en déclinant cette distinction. C’est sur son compte Instagram que l’artiste s’est expliquée, affirmant que la « question de l’honneur » se situe bien au-delà des médailles officielles.

Comme chaque année, le 14-Juillet s’accompagne de sa célèbre promotion civile en France. Du monde du cinéma à celui de la musique, plusieurs célébrités ont été distinguées cette année par la plus haute décoration de l’État.

Parmi ces noms figure celui de Rachida Brakni. Prise de court par cette nomination dont elle n’avait pas été informée, l’actrice a immédiatement annoncé son choix catégorique : elle refuse tout simplement cette distinction.

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« Un honneur qui se situe ailleurs »

C’est avec surprise que Rachida Brakni a découvert son nom dans la promotion de la Légion d’honneur le 14 juillet. L’actrice s’est aussitôt emparée de son compte Instagram pour signifier son refus et livrer ses explications.

L’actrice de 49 ans a ainsi débuté son message : « J’apprends avec surprise que l’on me décerne la Légion d’honneur. Indépendamment du fait qu’elle est décernée à tour de bras pour le meilleur et souvent pour le pire, la question de l’honneur se pose… ».

« Le mien se situe ailleurs », tranche ensuite l’actrice, avant de préciser sa pensée : « L’honneur est un devoir moral précieux que je m’évertue modestement à appliquer chaque jour dans mon travail, mon écriture, et dans les choix qui me guident sans quoi je me perdrais et sans quoi je perdrais l’estime de ceux qui comptent à mes yeux plus que la plus haute distinction ».

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Une histoire entre Algérie, France et transmission

Cette droiture d’esprit, Rachida Brakni la doit à son père, Kaddour, un travailleur immigré algérien décédé en 2020. Bien qu’analphabète et discret sur son passé, cet homme lui a transmis une éducation stricte avant l’heure et un immense courage. En refusant de céder aux commérages de son quartier et en lui accordant les « mêmes droits qu’à un garçon », il lui a offert un véritable « passeport pour la liberté », qui est devenu le moteur de son ascension sociale et de sa réussite artistique (César et Molière en 2002).

D’ailleurs, cette filiation spirituelle et les blessures de l’exil sont au cœur de son livre hommage, Kaddour. À travers le récit complexe du rapatriement du corps de son père vers sa terre natale de Tipaza en pleine pandémie, Rachida Brakni brise les silences d’une vie d’ouvrier resté dans l’ombre.

Au-delà du drame familial, l’écrivaine signe une œuvre universelle sur la mémoire, honorant toute une génération d’hommes déracinés à cheval entre la France et l’Algérie.

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