Un site pour faire connaître la vérité sur des Algériens disparus durant la guerre de libération

mercredi 19 septembre 2018 à 14:26
Source de l'article : Radioalgerie.dz

Un site internet 1000 autres.org, vient d’être créé par l’Association Maurice-Audin et histoire coloniale.net pour « contribuer à faire connaître la vérité sur le sort des nombreuses victimes de disparitions forcées durant cette guerre ».

Ce site, lancé juste après la reconnaissance par le président Macron de la responsabilité de l’Etat français dans la disparition et
l’assassinat de Maurice Audin, est soutenu par l’Humanité, Mediapart,Politis, Témoignage chrétien et El Watan ainsi que des associations à l’exemple du  Mrap, de la LDH, Acca et Sortir du colonialisme.

Son objectif est de contribuer à faire connaître la vérité sur le sort des nombreuses victimes de disparitions forcées durant cette guerre, à
rendre justice à ces personnes et à mieux faire connaître un pan d’histoire « trop longtemps occulté ».

Intitulé « Enlevés, détenus clandestinement, torturés et parfois assassinés par l’armée française, Alger 1957 – des Maurice Audin par milliers », il publie plus de mille notices individuelles sur des personnes enlevées et séquestrées à Alger en 1957, dont les proches ont cherché à avoir des nouvelles et dont certaines ne sont jamais réapparues.

Selon l’historien Gilles Manceron, un des animateurs de ce site, « leur nombre ne manquera pas de s’accroître lorsque d’autres cas documentés
seront signalés ».

Un appel à témoin a été également lancé « vers une mémoire familiale que nous savons encore vive ».

« Ce travail est nécessaire, car on a menti au peuple français en lui dissimulant ce qui se passait réellement en Algérie, on l’a trompé pendant
des décennies avec un discours mensonger sur le +maintien de l’ordre+ », a expliqué l’historien à un journaliste de l’APS.

« Pour publier ces plus de mille notices individuelles sur des personnes qui ont été arrêtées en 1957 par l’armée française, dont les proches ont demandé aux autorités de connaître leur sort, dont beaucoup furent torturées et dont certaines ne reparurent jamais, ce site a utilisé une archive publique devenue accessible en 2017, conservée aux Archives nationales d’Outre-mer (ANOM) et récupérée à la préfecture d’Alger’, a-t-il précisé.

Il comprend environ 850 « fiches de renseignement » d’un fichier du Service des liaisons nord-africaines (SLNA), auxquelles ce site internet a
ajouté plus d’une centaine d’autres cas provenant d’autres sources, notamment le « Cahier vert », rassemblant des plaintes de familles recueillies par des
avocats français, et un livre contenant de nombreuses plaintes de personnes d’origine européenne favorables à l’indépendance de l’Algérie,
souvent communistes ou chrétiennes, qui ont elles-mêmes été victimes ou témoins de tortures dans l’un des principaux lieux de terreur à Alger, la
villa Sésini, appelée à tort « villa Susini ».

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