Un seul gisement, deux pays : le trésor caché entre l’Algérie et la Libye

Un seul gisement, deux pays : le trésor caché entre l’Algérie et la Libye

Les ressources énergétiques partagées entre l’Algérie et la Libye s’imposent comme un axe stratégique majeur pour l’avenir énergétique de l’Afrique du Nord. Selon les données de l’encyclopédie des champs de pétrole et de gaz de la plateforme spécialisée Attaqa, le bassin transfrontalier de Ghadamès recèle des réserves gigantesques estimées à près de 50 trillions de pieds cubes (TCF) de gaz naturel et 3,5 milliards de barils de pétrole.

Cette configuration géologique unique fait de cette zone frontalière l’un des bassins hydrocarbures les plus prometteurs de la région, suscitant un intérêt accru dans un contexte de forte demande européenne pour le gaz africain.

Les champs d’Al-Rar et d’El-Wafa : Un seul et même réservoir géologique

Au cœur de ce bassin, deux gisements majeurs se partagent la vedette : le champ d’Al-Rar côté algérien et celui d’El-Wafa côté libyen. Les études techniques confirment qu’ils forment en réalité un seul et unique réservoir géologique s’étendant de part et d’autre de la frontière :

  • Le champ d’Al-Rar (Algérie) : Situé dans la wilaya d’Illizi, ce champ est estimé à environ 132 milliards de mètres cubes de gaz (soit 4,6 TCF). Découvert et mis en exploitation en 1980, il s’agit de l’un des plus anciens et des plus grands gisements gaziers d’Algérie. En 2022, sa production s’élevait à 724 millions de pieds cubes par jour, représentant près de 5 % de la production nationale globale. Grâce aux plans de développement continus, sa durée de vie est projetée jusqu’au milieu des années 2040.
  • Le champ d’El-Wafa (Libye) : Situé à 540 km au sud-ouest de Tripoli, ce gisement comprend 37 puits de pétrole et de gaz. Il affiche une production quotidienne d’environ 37 000 barils de pétrole et 22 000 barils équivalents pétrole (bep) de gaz. Sa production gazière est acheminée vers l’Europe via le célèbre gazoduc marin Greenstream, long de 520 km et doté d’une capacité de transfert de 8 milliards de mètres cubes par an.

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L’accord de 2018 : Le catalyseur de la production d’Al-Rar

L’exploitation de ce réservoir commun a franchi un cap décisif grâce à l’accord-cadre signé en janvier 2018 entre le groupe public algérien Sonatrach et la National Oil Corporation (NOC) libyenne.

Cet accord de coordination a permis d’optimiser la gestion du réservoir transfrontalier et de propulser la production du champ algérien d’Al-Rar de 16 millions à 24,7 millions de mètres cubes par jour. Cette hausse a été rendue possible par un investissement massif de près de 545 millions de dollars, faisant suite à un grand projet de développement lancé en 2017 par Sonatrach en partenariat avec le britannique Petrofac et l’italien Bonatti pour un montant de 64 milliards de dinars (environ 493 millions de dollars).

Le bassin de Ghadamès : Carrefour hautement stratégique

D’une superficie globale de 390 000 kilomètres carrés, le bassin de Ghadamès s’étend sur trois pays : la Libye (qui en détient la majeure partie), l’Algérie (avec une zone de production clé dans la wilaya d’Illizi) et la Tunisie.

Pour les experts de la plateforme Attaqa, ces gisements partagés représentent une opportunité industrielle sans précédent. Ils ouvrent la voie à une intégration énergétique renforcée entre Alger et Tripoli, permettant de concevoir des projets conjoints de gestion des réservoirs, tout en consolidant le statut des deux pays en tant que fournisseurs fiables et incontournables sur l’échiquier énergétique mondial.

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