un rassemblement a dégénéré devant le siège de la wilaya ,émeutes du relogement à Constantine

un rassemblement a dégénéré devant le siège de la wilaya ,émeutes du relogement à Constantine
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Trois policiers ont été blessés hier dans de violents affrontements ayant opposé les forces de l’ordre aux anciens habitants de l’avenue de Roumanie, un vieux quartier de bidonvilles, démolis en 2010 à Constantine.

Les manifestants, une centaine environ, se sont, en effet, rassemblés devant le cabinet du wali situé en plein cœur du centre-ville et ont bloqué la route. Ce qui a provoqué d’énormes bouchons dès les premières heures de la matinée. Aussi, il a fallu l’intervention des services de sécurité pour disperser la foule et rouvrir l’axe routier, mais les événements ont pris une autre tournure quand les manifestants ont commencé à lancer des pierres en direction des policiers.

Quatre personnes ont été arrêtées. Ces dernières seront, selon nos sources, présentées devant le procureur de la République, aujourd’hui. Sur les lieux, certains ont dénoncé l’intervention “musclée” des forces antiémeute, face à ce qu’ils ont qualifié de revendication “justifiée”. En effet, les anciens habitants de l’avenue de Roumanie ont, rappelons-le, été délogés des bidonvilles qu’ils occupaient il y a deux ans de cela sur ordre de l’ex-wali de Constantine, Abdelmalek Boudiaf qui, faut-il le souligner, a refusé de prendre en considération leur situation sociale.

Ainsi, près de 200 familles n’ont plus de toit et vivent qui chez des parents, qui chez des voisins. Avec l’arrivée du nouveau wali, M. Noureddine Bedoui, le dossier a été rouvert et pris en charge par l’actuelle administration qui, toujours selon les habitants concernés, leur a promis de nouveaux logements avant le mois sacré de

Ramadhan. Un mois après, rien n’a été fait. “J’habitais ce quartier depuis 1952 et ce sont pourtant d’autres qui ont bénéficié de logements, alors qu’ils n’y étaient que depuis quelques années ou quelques mois seulement”, nous dira un des protestataires rencontrés sur les lieux. D’autres ajouteront que si leur situation n’est pas réglée, ils iront jusqu’à saccager les appartements non attribués situés au niveau de la nouvelle ville Ali-Mendjeli. “Après les promesses non tenues de l’ex- wali, nous ne faisons plus confiance aux autorités”, lancera, dépité, un père de famille qui vit depuis deux ans chez des parents proches. Par ailleurs, pour les autorités locales, cette montée au créneau est due à une rumeur selon laquelle de nouveaux logements seront attribués aux habitants de Fedj Errih dans les prochains jours.

Ce qui est, selon le secrétaire général de la wilaya, dénué de tout fondement puisque les formalités inhérentes à ce dossier sont toujours en cours. Ce dernier a, en outre, tenu à préciser que “si le wali a promis aux anciens habitants de l’avenue de Roumanie des logements, il le fera”. Rappelons que ce n’est pas la première fois que les anciens habitants de cette avenue sortent dans la rue.

En janvier dernier, leur colère ayant atteint son paroxysme, des dizaines de familles ont bloqué l’accès au pont de Sidi-M’cid, qui faut-il le rappeler, est l’axe le plus important reliant le centre-ville au CHU Ibn-Badis.

Certains d’entre eux ont même escaladé les balustrades, alors que d’autres ont carrément grimpé sur les cordes et ont menacé de se jeter dans le vide si rien n’était fait. Ces événements avaient même fait le tour de la Toile, via le réseau social de facebook.

Souheila BETINA