Un policier abat un repris de justice, L’hôpital de Aïn-Azel saccagé

Un policier abat un repris de justice, L’hôpital de Aïn-Azel saccagé

hopital_157859779.jpgLa ville de Aïn Azel, située à une cinquantaine de kilomètre au sud de la wilaya de Sétif, a été, lundi jour de l’Aïd, le théâtre d’affrontements entre les forces de l’ordre et des dizaines de jeunes.

Ces graves incidents sont survenus suite à la mort du jeune Bahlouli Abderaouf, âgé de 27 ans et connu sous le sobriquet de «Namoussa» (Moustique), tué dans l’après midi par un policier. Selon les premiers éléments recueillis, l’homme, un repris de justice notoire ayant bénéficié récemment de la grâce présidentielle à l’occasion de la fête de l’indépendance, était soupçonné par la police d’être en possession de produits stupéfiants.

A cet effet, deux agents ont été instruits de le suivre et de procéder à son interpellation au moment opportun. Filé jusqu’au lieu dit «Sekrine», B. Abderaouf, accompagné de deux de ses amis, aurait refusé d’obtempérer aux ordres des policiers venus procéder à des fouilles corporelles ainsi que celle du véhicule à bord duquel se trouvait le trio. Mais la situation va vite dégénérer quand le suspect s’arma d’un sabre et tenta d’attaquer les agents.

Un des policiers dégaina son arme de service et tira deux balles en l’air, comme tirs de sommation. Une troisième balle sera encore tirée mais elle s’est logée dans la tête du jeune homme, le tuant sur le coup. A la vue de la scène, ses deux amis prennent la poudre d’escampette. Sous le choc, les policiers vont commettre une erreur monumentale, celle de mettre le cadavre à bord de leur véhicule et de le transporter vers le service des urgences de l’hôpital Youcef-Yalaoui de Aïn Azel. Ils se dirigeront par la suite au siège de la Sûreté de daïra pour se mettre à la disposition de leur hiérarchie dans pareille situation.

Pendant ce temps, la nouvelle de la mort de « Namoussa » s’est répandue telle une trainée de poudre dans la ville de Aïn Azel. Des dizaines de jeunes, des membres de sa famille et ses amis, armés de sabres, haches et barres de fer se sont dirigés vers l’hôpital de la ville, où ils ont complètement saccagé le service des urgences. Ne se contentant pas de casser et de détruire tous les équipements médicaux, ces énergumènes s’en sont même pris aux malades.

D’ailleurs, un jeune malade âgé de 25 ans, hospitalisé au service des urgences pour insuffisance respiratoire, a rendu l’âme lors de cette «attaque», après que ces voyous lui auraient débranché son appareil respiratoire. Après avoir tout cassé et détruit, les assaillants récupérèrent le cadavre de leur ami et le transportèrent sur un chariot d’hôpital pour le déposer devant le siège du commissariat de la ville, tout en exigeant de leur remettre le policier, auteur du coup de feu. Après avoir voulu entrer de force dans le commissariat, les assaillants ont caillassé le siège de la Sûreté de daïra. Il a fallu l’intervention des unités anti-émeutes qui ont usé de gaz lacrymogène pour faire revenir le calme.

Plusieurs personnes seront interpellées lors de ces incidents. Pour sa part, le wali de Sétif, accompagné du chef de Sûreté de la wilaya de Sétif et dans un souci d’apaisement, s’était déplacé, lundi soir, au domicile du jeune Bahlouli pour présenter à sa famille ses sincères condoléances et lui promettre que des enquêtes judiciaires et administratives vont être ouvertes, afin d’élucider cette tragédie, et aussi de faire confiance en la justice de notre pays.

Imed Sellami