Un nouveau poids lourd mondial rejoint le projet Baladna à Adrar

Un nouveau poids lourd mondial rejoint le projet Baladna à Adrar
Baladna

FPT Industrial, un nom qui rappelle l’histoire industrielle de Fiat rejoint l’aventure Baladna. Héritier des activités de motorisation du constructeur italien, le groupe vient de signer pour fournir les moteurs diesel qui feront tourner les générateurs de la méga-ferme laitière à Adrar. L’annonce, faite mardi 23 juin dans un communiqué, ajoute une pièce de plus à un projet déjà tentaculaire, chiffré à 3,5 milliards de dollars.

Pas de quoi surprendre les habitués du dossier. Depuis l’été 2025, les contrats s’enchaînent à un rythme soutenu, et chaque nouvelle signature révèle un peu plus l’ampleur logistique de ce chantier au cœur du Sahara.

Héritier des motorisations de Fiat, FPT Industrial fournira les moteurs de 50 générateurs de 330 kVA

FPT Industrial est l’héritier des activités de motorisation développées pendant des décennies au sein du groupe Fiat. Aujourd’hui intégré à Iveco Group, le constructeur italien est spécialisé dans les moteurs destinés aux applications industrielles, agricoles, marines et à la production d’énergie.

À LIRE AUSSI : Vers une nouvelle ère pour la construction automobile : Fiat Algérie à la manœuvre !

C’est lui qui va produire les moteurs de 50 groupes électrogènes de 330 kVA, assemblés par l’italien Green Power Systems et livrés sur site par les distributeurs Bimotor et Avoni Industrial.

Le modèle retenu est le Cursor 13, un six cylindres de 12,9 litres. Sa mission, ne jamais laisser le complexe à court d’électricité, et surtout faire tourner les systèmes d’irrigation sans interruption. Dans une ferme de cette taille, une coupure de courant ne pardonne pas.

14 millimètres de pluie par an, et des nappes à 40 degrés

Adrar, ce n’est pas vraiment le terrain de jeu naturel d’une ferme laitière. La région ne reçoit en moyenne que 14 millimètres de pluie par an. Pour irriguer ses cultures, Baladna va donc pomper l’eau d’une nappe aquifère profonde, puis la distribuer via un réseau de pivots d’irrigation.

Et c’est là que les moteurs FPT Industrial entrent en jeu. Sans électricité continue, pas de pompage ; et sans pompage, pas d’eau pour le fourrage des futures 270 000 vaches laitières attendues sur le site.

Baladna : une recette déjà testée au Qatar face à la chaleur

Baladna n’improvise pas. Le groupe a lancé sa première exploitation au Qatar en 2017, où il a appris à faire vivre des vaches laitières sous une chaleur écrasante. Un savoir-faire qui tombe à pic à Adrar, où le thermomètre dépasse régulièrement les 40 degrés une bonne partie de l’année.

À LIRE AUSSI : Gara Djebilet en vitrine : la Russie séduite par le potentiel minier algérien

Sur le terrain laitier, c’est l’allemand GEA qui pilote depuis mars 2025 la conception de l’usine et des fermes bovines, en plus de fournir l’ensemble des équipements d’élevage et de transformation. Italiens pour l’énergie, Allemands pour le lait, Américains bientôt pour les vaches, le projet ressemble de plus en plus à un Meccano industriel à l’échelle mondiale.

Les contrats s’empilent depuis l’été 2025

Voici les grandes étapes franchies jusque-là :

  • Juillet 2025 : 14 contrats signés pour plus de 500 millions de dollars, couvrant les technologies agricoles, les lignes de production, l’irrigation, les forages, le fer et les structures métalliques, ainsi que plusieurs bureaux d’études.
  • Avril 2026 : un deuxième lot de contrats, supérieur à 635 millions de dollars, pour la constitution du cheptel, le génie civil, une centrale à béton et les infrastructures d’hébergement.
  • Juin 2026 : signature du contrat avec FPT Industrial pour fournir les moteurs des groupes électrogènes.

Au total, ces accords doivent permettre au complexe d’atteindre ses cibles : jusqu’à 270 000 vaches, 100 000 tonnes de lait en poudre par an, et près de 5 000 emplois à la clé.

30 000 vaches arrivent en avion dès novembre

Le volet le plus spectaculaire reste à venir. À partir de novembre 2026, Baladna organisera un pont aérien pour faire venir 30 000 vaches laitières depuis neuf États américains, sur une période de dix mois.

À LIRE AUSSI : L’Algérie et trois autres pays signent une lettre commune à l’UE, on vous explique pourquoi

Pourquoi l’avion plutôt qu’un bateau ou un camion ? Pour gagner du temps et limiter le stress du voyage sur des animaux qui n’ont pas vocation à supporter de longues heures de transport.